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Qu’est-ce que le captagon ou Fénéthylline?

Pour la presse Bulgare , la  capitale Sofia s’est retrouvée au coeur d’un nouveau scandale. Tous les médias relaient le contenu de plusieurs articles les auteurs disent avoir “percé le secret des djihadistes” avec la fénéthylline, vendue sous le nom de Captagon.

La cruauté – tout comme la détermination – des combattants de Daech s’expliquerait par leur consommation d’une drogue interdite, le captagon.  Cette pillule de la famille des amphétamines a des propriétés dopantes qui ont été largement exploitées dans le monde du cyclisme dans les années 60. A doses modérées, le Captagon améliore la concentration et est prescrit dans le traitement de la narcolepsie (maladie du sommeil).

Le captagon serait produit depuis 2011 en Bulgarie dans un “laboratoire de l’Alliance atlantique”, comme le précise l’agence russe Ria Novosti.

Pour les Russes cette “potion de la terreur” a joué un grand rôle dans les “printemps arabes”, son usage expliquant en partie l’enthousiasme des foules de Tunis, d’Egypte et de Libye. L’agence rappelle aussi une affirmation qui n’a jamais pu être étayée de manière indépendante : le captagon aurait été également distribué à des manifestants sur la place Maïdan (Kiev), et aurait été utilisé aussi par les forces ukrainiennes comme stimulant lors de leurs opérations dans l’est de l’Ukraine.

Interdite depuis 1986, la molécule du captagon (son appellation médicale est la fénéthylline) est un psychotrope puissant. Un trafiquant détaille les multiples effets du Captagon : « Ça donne la pêche, tu te mets à combattre sans te fatiguer, tu marches droit devant toi, tu ne connais plus la peur. Les combattants l’utilisent pour veiller, pour contrôler leurs nerfs et augmenter leurs performances sexuelles. » Une pratique clairement en désaccord avec les règles de l’islam mais objection sans conséquence, puisqu’ »aujourd’hui tout le monde s’en fiche de la religion », ajoute-t-il. Reuters raconte l’étonnante attitude de prisonniers qui ne ressentaient aucune douleurs des coups qu’ils recevaient. Il fallait attendre 48 heures, que l’effet s’estompe, pour les questionner.

Déniché par le journal Vsekiden, un laboratoire travaillant pour la Défense existe bien à la faculté de chimie de Sofia, mais il s’occupe de tester différents textiles pour la fabrication d’uniformes. “C’est un mensonge éhonté”, a conclu l’ex-ministre de la Défense, Nikolaï Tsonev.

Pourtant, la Bulgarie a une longue histoire avec le captagon, dans lequel le régime communiste avait vu une mine d’or. Au début des années 1980, Sofia a importé de petites quantités de captagon d’Allemagne (de l’Ouest) avant de se lancer dans sa propre production, cette fois-ci à une échelle industrielle – et illégale. Les recettes ont alimenté en devises un pays de plus en plus exsangue.

Après la chute du Mur en 1989, les canaux et, parfois, les lieux de production survivent pendant de nombreuses années. “Privatisé”, ce trafic est à l’origine de la création des principaux groupes mafieux du pays et connaît un essor spectaculaire jusqu’à l’entrée de la Bulgarie dans l’Union européenne, en 2007. Depuis, selon les experts, la production s’est déplacée vers le Moyen-Orient et, depuis 2011, surtout la Syrie où elle échappe à tout contrôle. Mais un certain savoir-faire bulgare en la matière persiste. Issus des grandes usines pharmaceutiques communistes, des “experts” bulgares parcourent le monde arabe en faisant monnayer leurs compétences. L’un d’eux, âgé de 47 ans, a été arrêté en novembre 2014 au Liban. Selon le quotidien Dnevnik, il serait l’un des plus performants en la matière.

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