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Pour espionner les USA, la Russie aurait fait appel à un cybercriminel : Evgeniy Mikhailovich Bogachev

Evgeniy Mikhailovich Bogachev, le hacker le plus recherché au monde aurait aidé les services secrets russes à espionner des centaines de milliers d’ordinateurs à travers les Etats-Unis.

En juin 2014, le FBI démantelait un réseau cybercriminel utilisant le virus Gameover Zeus. Grâce à ce malware, Evgeniy Mikhailovich Bogachev et son équipe (Aleksey Belan et Karim Baratov) avaient accumulé plus de 100 millions de dollars en dérobant les informations bancaires des machines infectées.

Ce citoyen russe qui officie sous divers pseudonymes (« lucky12345 », « slavik »…) est accusé par les autorités américaines d’être l’instigateur d’une vaste opération de piratage d’ordinateur. est également accusé d’avoir mis en place un réseau de ransomwares, forçant des dizaines de milliers de victimes à lui verser environ 30 millions de dollars. Le New York Times révèle que la Russie s’est appuyée sur ses compétences pour espionner les Etats-Unis.

Le sale boulot était déjà fait

Selon le quotidien américain qui cite des sources officielles, les autorités russes se sont servies du travail de Bogachev et Alexey Belan pour s’épargner la difficile tâche du piratage à très grande échelle. Plus précisément, elles se seraient intéressées aux informations concernant les combats en Ukraine et en Syrie.

D’après des analystes de l’entreprise Fox-IT, des ordinateurs infectés en Turquie ont été analysées pour trouver des informations à propos de livraisons d’armes américaines aux rebelles syriens. D’autres requêtes plus générales comme les termes «top secret» ou «Département de la Défense» ont également été retracées. Des thèmes a priori plus susceptibles d’intéresser l’intelligence russe qu’un hacker en quête de millions de dollars. Si Bogachev a déjà été pointé du doigt par l’administration Obama dans l’affaire du piratage du parti démocrate, ses exploits n’étaient pas directement associés à ceux des services de renseignement russes.

Sous l’autorité du FSB

Selon le New York Times, qui reprend les informations du FBI, Evgeniy Mikhailovich Bogachev est pourtant très loin de vivre dans la clandestinité. Il ne craint visiblement pas d’être arrêté et ne cache en rien sa vie très luxueuse, confortablement installé en Russie. Des photos le montrent ainsi au volant d’une voiture de luxe ou encore en pyjama léopard, un de ses chats dans les bras…

En fait, selon les Fédéraux US, les autorités russes tolèreraient toutes les excentricités du hacker parce qu’il travaillerait désormais pour les services d’espionnage du pays. Il est probable que le Kremlin a fermé les yeux sur les précédents crimes de Bogachev afin de s’assurer ses services et d’utiliser ses «dons». «Le réseau mis en place par Bogachev avec son logiciel GameOverZeus est l’un des plus sophistiqués et nocifs que nous ayions connu», avoue au New York Times un responsable du FBI.

Les internautes britanniques priés de protéger leurs ordinateurs

Le démantèlement du réseau ne signifie pas pour autant la fin de l’activité de ces virus malveillants. Evgeniy Mikhailovich Bogachev court toujours et lui ou ses complices pourraient développer dans les prochains jours ou semaines de nouvelles versions de Gameover Zeus. L’équivalent britannique du FBI a intimé lundi aux internautes du pays de profiter de ce court répit pour mettre à jour leurs ordinateurs. «Plus de 15.000 machines ont déjà été infectées dans le pays», indique-t-il. «Si votre ordinateur tourne sous n’importe quelle version de Windows, vous devez immédiatement suivre nos conseils.»

La police britannique a réussi à prendre le contrôle des ordinateurs infectés, pour éviter qu’ils n’en contaminent d’autres. Mais les autorités sont conscientes qu’elles ne pourront pas garder «en quarantaine» bien longtemps ces ordinateurs s’ils ne sont pas rapidement «soignés». Les internautes concernés ont été contactés par leur fournisseur d’accès et doivent lancer un logiciel permettant d’éliminer les virus de leur machine. Ils devront également à mettre à jour leur système d’exploitation, leur antivirus, ainsi que tous les logiciels de leur ordinateur.

Pour plus de sécurité, l’ensemble des internautes britanniques sont priés de suivre les mêmes conseils et de respecter des règles simples de sécurité, comme «ne jamais ouvrir de pièces jointes ou cliquer sur un lien si vous n’êtes pas sûrs à 100% qu’ils sont sans danger». Les autorités britanniques ont indiqué que les internautes avaient deux semaines pour agir avant que les virus ne reviennent de plus belle. Mais le délai pourrait être bien plus court que cela.

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