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L’étoile KIC 8462852 cache-t-elle une civilisation extra-terrestre?

Les variations brutales et irrégulières de la luminosité d’une étoile lointaine continue de passionner la communauté scientifique. La piste la plus crédible -une nuée de comètes- vient d’être écartée. L’hypothèse extraterrestre est relancée.

En analysant ces quelque 1200 mesures de luminosité de l’étoile prises en 1890 et 1989, Bradley Schaefer a déterminé que ces variations de lumière se produisent depuis plus de 100 ans. « Pour que la théorie des comètes soit valable, il faudrait que, depuis un siècle, environ 648 000 géantes -de 200 km de diamètre au moins- passent chacune à leur tour devant l’étoile […] ce qui est totalement invraisemblable », écrit-il.

etoile-KIC

Mais si ce n’est pas des comètes, qu’est-ce qui est responsable de ces assombrissements irréguliers?

Si l’astronome ne se risque pas à donner une solution extra-terrestre, il est en tout cas sûr d’une chose: ces variations sont très vraisemblablement liées à un mécanisme physique unique et en cours d’évolution. « Ce phénomène unique ne serait pas lié à un évènement catastrophique qui se serait déroulé le siècle précédent », précise également le chercheur.

On a remarqué l’étrangeté de KIC 8462852 à partir des observations du télescope spatial Kepler qui a analysé l’étoile de 2009 à 2013. La plupart des étoiles, qui abritent une planète, ont une petite baisse de luminosité lorsque la planète passe en face de l’étoile. Mais l’étoile KIC 8462852 a eu des baisses de luminosité très erratique au cours des 4 dernières années et parfois, la luminosité est en baisse de 20 %. Cela signifie que quelque chose, qui peut masquer 20 % d’une étoile, passe en face. Et c’est très étrange. Car quand la planète Jupiter passe devant notre soleil, alors le voile ne représente qu’un point noir par rapport au soleil et Jupiter est la plus grande planète du système solaire.

La luminosité de l’étoile a chuté jusqu’à 22 %. Sur les graphiques de la courbe de luminosité, l’abscisse indique les jours (500, 1.000, etc.) et l’ordonnée, la luminosité. © Boyajian et al.
La luminosité de l’étoile a chuté jusqu’à 22 %. Sur les graphiques de la courbe de luminosité, l’abscisse indique les jours (500, 1.000, etc.) et l’ordonnée, la luminosité. © Boyajian et al.

Mais il y a un souci.

Bradley Schaefer de l’université de Louisiane rapporte que l’étoile KIC 8462852 est encore plus étrange. Quand l’équipe de Boyajian a étudié l’étoile, elle a utilisé les données numériques de l’univers de Harvard. Ces données consistent en des plaques photographiques datant du dernier siècle. C’était pour découvrir si l’étrangeté de KIC 8462852 était constante au fil du temps, mais l’équipe n’a rien trouvé. Mais Schaefer a fait une seconde analyse sur les données. Il a créé une moyenne des données sur une période 5 ans afin de découvrir des changements sur le long terme qui sont plus subtils. Et il a découvert que l’étoile a été masquée à 20 % de 1890 à 1989. L’effet est très minime et il n’est pas évident à voir selon ce chercheur.

une civilisation extra-terrestre

Enfin, la dernière hypothèse considérée par l’une des deux équipes est celle d’un objet artificiel voir extra-terrestre. Pour eux, peut-être avons-nous identifié une mégastructure alien développée par une civilisation extra-terrestre technologiquement très avancée.

De type II sur l’échelle Kardashev, cette civilisation aliens a pu, par exemple, concevoir une sphère dite de Dyson, du nom du physicien Freeman Dyson. En enveloppant une étoile d’anneaux gigantesques, les E.T. pourraient ainsi en capter l’énergie. Un concept très intéressant sur lequel s’était d’ailleurs focalisé des membres de Seti : même si l’étoile s’estompe dans le rayonnement visible, les chercheurs espéraient malgré tout détecter la signature d’une partie de l’énergie dissipée dans l’infrarouge ou le radio. Mais cela est resté sans résultats tangibles pour l’instant.

aliens

Toutefois, avec la découverte de KIC 8462852, l’équipe de Boyadjian et Wright a demandé du temps d’observation au responsable du VLA (Very Large Array), histoire de voir s’il n’y a pas des émissions radio imputables à une civilisation extra-terrestre. Il n’y a peut-être rien de tout cela, ou alors peut-être cette structure est-elle en chantier voire abandonnée.

Pour l’instant, bien sûr, il est beaucoup trop tôt pour se prononcer et mieux vaut patienter les résultats des prochaines études sur ce cas particulier.

Sphère de Dyson

Une sphère de Dyson est une mégastructure hypothétique décrite en 1960 par le physicien et mathématicien américano-britannique Freeman Dyson, dans un court article publié dans la revue Science et intitulé Search for Artificial Stellar Sources of Infrared Radiation (« Recherche sur les sources stellaires artificielles de rayonnements infrarouges »).
Cette structure d’astro-ingénierie consiste en une sphère de matière, artificielle et creuse, située autour d’une étoile et conçue pour en capturer presque toute l’énergie émise, pour une utilisation industrielle. Dyson nomme également cette structure « biosphère artificielle ».

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