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2021, une année moins chaude « que d’habitude »

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2021, une année moins chaude « que d’habitude »

2021, une année moins chaude « que d’habitude »

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Peut-on dire de 2021 qu’elle a été une année « fraîche »? Pas vraiment. Ces douze derniers mois, la température en France a encore augmenté de 0,2°C par rapport à la moyenne enregistrée entre 1981 et 2010. Mais cela ressemble à une pause dans la hausse continue du thermomètre que le monde expérimente depuis le début de l’ère industrielle. 2021 succède en effet à 2020 qui a battu tous les records en devenant l’année la plus chaude jamais enregistrée partout sur la planète, avec un écart avec la moyenne des températures de 1850 à 1900 de 1,2°C pour la planète entière, de 2,2°C pour l’Europe et même de 3°C pour la zone arctique.

2021 ne devrait apparaître qu’en cinquième ou sixième position quand l’Organisation météorologique mondiale (OMM) officialisera ses mesures début 2022. « L’explication tient à un épisode La Niña sur le Pacifique qui abaisse les températures mondiales », explique Matthieu Sorel, prévisionniste à Météo France. Le refroidissement des eaux occidentales du Pacifique proches des côtes d’Amérique latine et leur réchauffement en Indonésie et dans le nord de l’Australie provoque toujours une baisse mondiale des températures au contraire du phénomène inverse d’El Niño.

Une année marqué par le gel tardif du début avril

POURRI. Ce phénomène océanique lointain n’a cependant que peu d’influence sur la météo française et si cette année a été un peu moins chaude que d’habitude, c’est pour une simple raison de variabilité naturelle. Ainsi, si février, juin et septembre ont été plus chauds que la normale, avril, mai, juillet et août ont été plus frais. Un printemps arrosé et un été « pourri » qui n’empêchent pas l’année de rester plus chaude que la moyenne de 1981 à 2010. Les précipitations ont, elles, été conformes à la normale bien que les piémonts pyrénéens et l’arc méditerranéen ont été déficitaires. Configuration rare : l’ensoleillement a été excédentaire dans le nord de l’Hexagone et déficitaire dans le sud.

L’enneigement des massifs pyrénéens et alpins s’est révélé très satisfaisant mais la fonte a été très rapide, si bien qu’en avril le manteau neigeux avait disparu précocement. Ainsi, la chaîne pyrénéenne a connu un enneigement remarquable mais il n’y avait plus de neige en dessous de 1000 mètres dès le début du mois d’avril. 2021 restera par ailleurs dans les annales pour l’épisode de gel intervenu du 3 au 8 avril sur tout l’Hexagone, affectant gravement vignes et vergers qui étaient en pleine floraison du fait de températures clémentes dès la fin février, période où les températures ont dépassé les 20°C sur une grande partie de la France.

Des records battus de plus en plus nombreux

Une année plus fraîche mais pas moins chaotique, donc. La France n’a pas cessé tout au long de l’année de connaître des records de températures  maximales et minimales  et des niveaux historiques de précipitations en durée et en intensité, battant des enregistrements vieux de plus de soixante ans, bien que l’Hexagone n’ait même pas connu d’épisode caniculaire. Ainsi, le record national de la température nocturne la plus élevée jamais constatée en France a été battu à Ciboure (Pyrénées-Atlantiques) le 7 septembre avec +26,3°C. Le record mensuel local de température minimale a été battu à Dijon et Belle-Île. Avec 100 millimètres de pluie en 24 heures le 7 juillet, Nantes a subi la pluie la plus intense jamais vue de mémoire d’habitant de Loire-Atlantique. La station de Villefort-en-Lozère a enregistré 365 mm d’eau en 24 heures le 2 octobre lors d’un épisode cévenol. Par comparaison, la ville de Béziers située à 150 kilomètres plus au sud n’a vu tomber que 372 mm d’eau pour toute l’année, soit une moyenne de précipitation digne de l’Afrique du Nord.

Au total, le territoire aura connu 831 records de chaud et 332 records de froid en 2021, soit 2,5 fois plus de records de maximales que de minimales. C’est ce ratio qui explique que 2021 reste une année où la hausse des températures se poursuit de justesse. « Ces écarts de température, ces records de précipitations signent indéniablement un temps plus chaotique tel que le prévoient les modèles climatiques », souligne Matthieu Sorel. Avec la hausse désormais inéluctable des températures, ces phénomènes extrêmes d’inondations brutales et de sécheresses sévères devraient ainsi s’accentuer. La fraîcheur de 2021 n’est qu’une exception, prévient Météo France.

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