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L’éruption en Islande en 10 questions



Depuis le mercredi 3 août, l’éruption en Islande tient le monde en haleine. Des images et vidéos spectaculaires permettent de visualiser en direct l’impressionnant phénomène actuellement en cours. En dix points essentiels, Futura résume l’essentiel de ce qu’il faut savoir.

1. Où exactement l’éruption a-t-elle lieu ?

L’éruption a lieu dans la vallée de Meradalir. Elle se trouve dans la péninsule de Reykjanès, située à seulement 40 kilomètres de la capitale de l’Islande, Reykjavik, dans le sud-ouest de l’île. Mais le lieu de l’éruption est localisé aussi à seulement à kilomètre du volcan Fagradasfjall, dont l’éruption en 2021 avait duré six mois, de mars à septembre. Avant cela, il n’y avait pas eu d’activité volcanique depuis près de 800 ans. L’éruption s’est déclenchée à partir d’une fissure volcanique, d’où la lave s’est échappée.

2. Comment l’éruption volcanique s’est-elle déclenchée ?

La région de Reykjanès se situe au niveau de la séparation entre les plaques tectoniques eurasiatique et américaine, où celles-ci s’écartent l’une de l’autre d’environ deux centimètres par an. Le volcanisme y est donc présent depuis des millénaires, bien que depuis 800 ans, aucune éruption n’avait eu lieu. En 2020, des essaims de séismes se sont produits dans cette région, alors que l’activité volcanique était jusque là absente depuis 800 ans.

Ce type d’activité sismique témoigne d’une forte activité géologique sous la terre, et peut, entre autres, signifier les prémices d’une éruption volcanique à venir. En 2021, eut lieu l’éruption à Fagradasfjall, qui a duré six mois. Puis, samedi 30 juillet, près de 10.000 secousses ont à nouveau été détectées, dont deux d’une magnitude supérieure à 5. Précurseurs d’une éruption à venir, ce n’était plus qu’une question de temps avant que la lave ne remonte jusqu’à la surface.

3. Quel type d’éruption est-ce ?

C’est une éruption fissurale : de la lave s’écoule par des fissures pré-existantes dans la croûte terrestre. À la différence des éruptions « classiques » que l’on connaît, celles-ci se produisent au niveau de surfaces planes : pas de cratère ou de cône duquel partirait la lave, et encore moins d’explosion. Les fissures font habituellement quelques mètres de large, voire moins, mais peuvent atteindre plusieurs kilomètres de longueur. Dans le cas de l’éruption en cours en Islande, l’éruption fissurale fait environ 300 mètres de long, et le débit de lave atteignait le 5 août, 32 mètres cubes par seconde, soit quatre à cinq fois plus que lors de la dernière éruption en 2021 !

4. L’éruption est-elle dangereuse pour la population ?

Actuellement, pas de nuage de cendres comme lors de l’éruption du mont Eyjafjallajokull en 2010. Cependant, ce type d’éruption produit des émissions de dioxyde de carbone, de sulfure d’hydrogène et d’halogénures, qui peuvent être nocifs pour les humains. Le dioxyde de soufre notamment est particulièrement dangereux pour le système respiratoire. L’éruption se produisant dans une vallée inhabitée, il est peu probable qu’elle atteigne des villes ou des villages. Tout dépend des conditions météorologiques qui, pour l’instant, laissent présager une possible venue des gaz, en petite quantité cependant, jusqu’à la capitale Reykjavik. L’éruption n’est donc pas sans risques.

5. L’éruption va-t-elle durer encore longtemps ?

D’après les dernières mesures effectuées sur le lieu de l’éruption, l’activité volcanique de la fissure commence déjà à diminuer : son débit est passé de 32 mètres cubes par seconde à seulement 18 par seconde jeudi. Cela ne signifie pas qu’elle s’arrêtera, seulement que le débit se stabilise. À l’heure actuelle, il est impossible de prévoir la durée qu’aura l’éruption en cours, tout dépendra de la quantité de magma qui doit sortir par les fissures. De nombreux séismes continuent de se produire dans cette zone, suggérant que le phénomène est loin d’être terminé.

6. Pourquoi y a-t-il autant d’éruptions en Islande ?

La péninsule de Reykjanes se situe sur la dorsale médio-atlantique, où les plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne divergent. L’Islande se situe de plus au-dessus d’un point chaud, qui a d’ailleurs formé en partie le pays. L’activité volcanique ne s’arrête jamais en Islande, si bien que le pays est habitué à ce type d’événements, avec plusieurs dizaines d’éruptions par siècle. En moyenne, il se produit une éruption tous les 4 ou 5 ans. Mais celle de cette année fait suite à l’éruption de 2021 qui a duré six mois, et qui se trouvait dans la même région.

7. Peut-on aller admirer l’éruption sur place ?

De nombreuses vidéos de personnes assistant en direct à l’éruption montrent qu’il est possible de se rendre directement sur site. Cependant, la plus grande prudence est nécessaire, à cause notamment des émissions de gaz nocifs en provenance de l’éruption. L‘institut météorologique islandais conseille aux marcheurs curieux de s’aventurer près du lieu de l’éruption de toujours la regarder en étant dos au vent, afin d’éviter la contamination par les gaz émis.  Il conseille de plus de se trouver en hauteur par rapport à l’éruption : « les spectateurs doivent gravir les montagnes et les crêtes et ne pas rester sur les pentes au-dessus ». Enfin, s’y rendre nécessite une randonnée d’environ 90 minutes, conseillée seulement aux marcheurs aguerris, et à adapter selon la direction du vent.

8. Comment faire pour la suivre en direct à distance ?

Futura s’applique à suivre dans les moindres détails l’évolution de l’éruption en Islande, mais un live est disponible sur YouTube et permet de voir l’éruption en direct !

9. Quelles conséquences à grande échelle ?

Si l’on compare à l’éruption de 2010, où le volcan Eyjafjallajökull était devenu célèbre pour son éruption explosive qui avait envoyé dans l’atmosphère un immense nuage de fumée dans l’atmosphère, l’éruption actuelle ne représente aucun danger. Là où en 2010, quelque 100.000 vols avaient été annulés à cause des cendres et de la fumée dans l’atmosphère, ici, les émissions de gaz nocifs ne sont pas en quantité suffisante pour provoquer un arrêt du trafic aérien, ou pour 

10. D’autres éruptions sont-elles attendues au même endroit ?

La zone dans laquelle se produit l’éruption en ce moment est la même que pour celle de l’année dernière, suggérant une forte activité volcanique. Pour qu’une éruption se déclenche, il faut une remontée de magma en fusion provenant du manteau terrestre. Cette remontée est favorisée dans des zones de frontières entre deux plaques lithosphériques, comme dans le cas de l’Islande où la région de Reykjanes est une zone de divergence (ou accrétion) entre deux plaques.

Comme dit plus haut, toute la région est restée inactive pendant près de 800 ans, jusqu’en 2020 où des séries de séismes ont eu lieu. Ainsi, même si une éruption n’en déclenche pas une autre, en avoir plusieurs au même endroit en peu de temps implique que d’autres éruptions pourraient survenir prochainement.

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Written by Stephanie

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