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La cause climatique peine à trouver son temps politique


Lors de la marche contre « la vie chère » et « l’inaction climatique », à Paris, le 16 octobre 2022.

Et soudain, la pluie est revenue : 22,1 millimètres à la station de Lille, le 25 septembre ; 35,3 millimètres à Biarritz, le 29 septembre. Les températures, de 2 °C à 8 °C au-dessus des normales saisonnières encore jusqu’au 15 septembre, sont repassées en dessous de la moyenne. Tout à coup, les alertes météo se sont espacées, signifiant la fin d’un été extrême rythmé par les canicules, les incendies, un réchauffement globalisé…

Avec les premiers frimas, le principal sujet de l’actualité a disparu des écrans. Les politiques, eux, ont été happés par d’autres urgences, de la guerre en Ukraine à la pénurie de carburants. Comme si l’enjeu universel de la transition climatique était encore une fois victime d’autres contingences. « Le temps de l’émotion passe, mais ça marque durablement l’opinion, il y a un effet cliquet, résume Pierre Cazeneuve, député Renaissance des Hauts-de-Seine et membre de la commission du développement durable. Alors, même si le court terme nous rattrape, c’est notre responsabilité commune de ne pas lâcher le climat, de le relier à toutes les thématiques, comme l’énergie, et d’avoir une vision globale sur un temps long. »

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Après sa déclaration crépusculaire sur « la fin de l’abondance », le 24 août, Emmanuel Macron a pourtant semblé se désintéresser de ce défi pendant de longues semaines. Aucun discours transversal, pas de grandes mesures mais des annonces ponctuelles comme le « plan vélo » et l’augmentation de la prime lors de l’achat d’une voiture électrique, dévoilée lundi 17 octobre. Les aspects « verts » du budget n’ont pas non plus provoqué de grands débats. Le thème n’avait pas disparu, mais il avait été relégué derrière d’autres impératifs, comme le bouclier tarifaire pour contrer la hausse du prix de l’énergie ou les tensions sociales.

Jeudi 6 octobre, l’aspect structurel du plan sobriété, censé être la première marche vers la neutralité carbone en 2050, n’apparaissait qu’en filigrane derrière la nécessité de passer l’hiver. Malgré tout cela, le secrétariat général à la planification écologique œuvrait en coulisses. A la fin d’une semaine politique dense marquée par deux 49.3, Elisabeth Borne devait ainsi prononcer, vendredi 21 octobre, un grand « discours de la méthode » sur la planification écologique, promesse d’Emmanuel Macron. Il s’agira d’« une mise sous tension globale » qui « devait être lancée plus tôt mais a été bousculée par l’actualité des crises », admet Matignon.

« Tout le monde détourne le regard »

Ecartelée entre l’urgence sociale, les débats sociétaux et les affaires de sexisme, la gauche ne s’est pas non plus beaucoup fait entendre sur l’écologie. A la marche du 16 octobre de Jean-Luc Mélenchon contre « la vie chère », « l’inaction climatique », l’autre mot d’ordre de la journée, rajouté sur le tard, a été peu évoquée. « Dans une manifestation, on est sur des slogans. Dimanche, l’actualité était sociale », justifie Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), qui rappelle « s’être battu contre le terminal méthanier [qui doit être installé dans le port du Havre en 2023] cet été ».

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