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48 femmes scientifiques à l’honneur à la mairie de Paris

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48 femmes scientifiques à l’honneur à la mairie de Paris

48 femmes scientifiques à l’honneur à la mairie de Paris

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Il y a l’astrochimiste avec en main la maquette du rover martien Curiosity, l’ingénieure de recherche en électronique qui porte son circuit programmable sous le bras, la technicienne en histologie, spécialiste en neuroscience, mains gantées pour examiner la structure de tissus biologiques… Elles sont 48 en tout, des femmes aux élégants portraits qui viennent d’être accrochés en début de semaine sur les grilles de l’Hôtel de Ville de Paris, à retrouver jusqu’au 30 novembre 2021.

« Très féministe »

Non, le scientifique n’est pas seulement un vieux monsieur tirant la langue au spectateur, le terme peut se conjuguer au féminin pluriel. A preuve, la multiplicité de métiers incarnés dans cette exposition intitulée « La science : taille XXEelles », par ces océanographe, physicienne, archéobotaniste, informaticienne, paléographe, sociologue…. Tant de métiers « qu’on ne connaît pas » ou si peu, a constaté Marie-Christine Lemardeley, adjointe de la maire de Paris Anne Hidalgo, lors de l’inauguration. Tant de jeunes femmes passionnées – dont les noms sont affichés – à faire découvrir, tout particulièrement aux petites et grandes filles qui continuent de penser que la science n’est pas pour elles.

Lancée à Toulouse en 2018 par l’association Femmes et Sciences (F&S), en collaboration avec le CNRS à l’occasion du Forum scientifique européen ESOF (dont Sciences et Avenir était partenaire), la série de photos s’est multipliée à Lyon, avec l’aide de l’ENS Lyon, puis en Île-de-France, devant l’objectif du « très féministe » Vincent Moncorgé. Ayant dialogué avec toutes ces scientifiques, ce dernier avoue avoir mesuré à quel point « il faut être pugnace » pour devenir chercheuse, ingénieure, technicienne. « C’est encore plus difficile pour elles que je ne le croyais », constate le photographe, qui a apprécié le côté « fun » des prises de vues car généralement « les hommes se prennent beaucoup plus au sérieux ».

« Mon adversaire, c’est le cancer »

Cet accrochage prestigieux sur la très passante rue de Rivoli, face au grand magasin BHV, remplit deux missions, selon Isabelle Pianet, présidente de F&S : « Promouvoir la science auprès des jeunes et promouvoir les femmes dans les sciences ». Les réflexions qui accompagnent par écrit les photos étant là pour ouvrir les esprits : « Les atomes, je les cible en plein cœur » sourit la physicienne nucléaire. « Mon adversaire, c’est le cancer », assure la biologiste, prête à terrasser la maladie de ses deux gants de boxe. « L’histoire est un livre grand ouvert », selon la codicologue, Codex en main.

De quoi donner envie d’aller voir, par exemple, les « plus de 200 métiers » que l’on trouve au CNRS (1), rappelle Elisabeth Kohler, à la tête de la mission pour la place des femmes dans cet établissement majeur de la recherche en France et présente à l’inauguration. « L’amélioration des carrières des femmes [y] est une priorité », selon l’étude « Parité et évaluation non-discriminatoire au CNRS », publiée en juillet 2021. Sauf que « la ségrégation hiérarchique entre la proportion de femmes en début de carrière et la proportion de femmes aux grades les plus haut de la carrière au CNRS reste encore notable », note cette même étude. Un constat que fait aussi son PDG Antoine Petit, lors d’une interview dans le magazine La Recherche.

Se diriger vers les sciences n’est donc pas une promesse de facilité. Mais celle de métiers où prime la curiosité et où l’intelligence peut se déployer. Un message à faire passer dès les toutes premières années d’éducation, insiste l’astrophysicienne Isabelle Vauglin, qui organise à Lyon, tous les mois de mars depuis 2017, une journée « Sciences, Métier de femmes », avec 500 lycéennes. Sans oublier le bénéfice de la démarche scientifique, empreinte d’une rigueur bienvenue à l’heure des fake news. « Une démarche qui doit rester une boussole pour la démocratie », insiste aussi François Vauglin, maire du 11e arrondissement de Paris et soutien de cette exposition au cœur de la capitale, initialement prévue en 2020 et repoussée en 2021 pour cause de pandémie de Covid-19. De quoi montrer que la science n’est pas affaire de genre, et qu’il faut oser s’y lancer, en laissant tomber le poids des stéréotypes et de multiples préjugés.

1) Dans le domaine des sciences du numérique, où les femmes sont en très petite minorité, on pourra consulter « Les décodeuses du numérique »

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