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A bord de l’Airbus Zéro-G, laboratoire de la micropesanteur

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A bord de l’Airbus Zéro-G, laboratoire de la micropesanteur

A bord de l’Airbus Zéro-G, laboratoire de la micropesanteur

A bord de l’Airbus Zéro-G, à Bordeaux, le 30 septembre 2021.

Avouons-le, en avion, nous écoutons parfois d’une oreille distraite les consignes de sécurité qui précèdent le décollage. Mais pour ce vol-là, le personnel de bord a toute notre attention. Nous sommes à bord de l’A310 Zéro-G de Novespace, une filiale du Centre national d’études spatiales (CNES), pour sa campagne d’automne de vols paraboliques.

Assis dans les quelques rangées de fauteuils qui subsistent au fond de l’appareil, la quarantaine de scientifiques embarqués pense déjà aux tâches qu’ils auront à effectuer pendant les 31 courtes phases où le contenu de l’avion – matériels et humains – sera en micropesanteur tout comme le sont en permanence les astronautes de la Station spatiale internationale. La présentation se termine par le rappel que les toilettes sont condamnées, personne ne voulant voir ce dont on s’y déleste flotter ensuite dans l’avion… « En cas de rappel par Mère Nature, un équipement de haute technologie est à votre disposition », entend-on. Ironie bien sûr car l’équipement en question est une simple poche adaptable à l’anatomie de chacun et de chacune.

Immense surprise

Après le décollage de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, l’avion file vers l’Atlantique et les chercheurs vers leurs expériences, installées au centre de l’avion où tout est capitonné du sol au plafond car, bientôt, il n’y aura pour ainsi dire plus de bas ni de haut. La première montagne russe approche. L’avion va se cabrer à 45° et monter à toute vitesse jusqu’à « l’injection » dans la parabole où il finira en chute libre, ce qui annulera la pesanteur pendant 22 secondes.

Trois pilotes œuvrent dans le cockpit, explique Christophe Mora, directeur technique et exploitation à Novespace et coordinateur du vol : « Le premier pilote gère l’axe de tangage, c’est lui qui cabre l’avion et dessine les paraboles. Le deuxième gère l’axe de roulis, il maintient l’avion à plat, tout en s’occupant de la navigation, de la radio et des annonces en cabine. Le troisième pilote fait la poussée des moteurs, il met pleins gaz pour le cabrer puis réduit les moteurs au ralenti. »

L’annonce des dix secondes avant la parabole 0 retentit. Puis vient le fameux « 3, 2, 1 » L’Airbus se cabre. On a beau savoir que l’on va subir une accélération de près de 2 g et voir son poids doubler pendant cette phase, la surprise est immense. Une sensation d’écrasement, comme si un énorme sac de ciment s’abattait sur ses épaules. Tout le monde se fige durant cette phase d’hyperpesanteur, les yeux fixés sur un point. Impression que le cerveau se tasse dans le fond de sa boîte crânienne et que le squelette se comprime. Lever le bras est un effort, le téléphone portable dans la main devient subitement lourd, la combinaison bleue au logo du CNES se défripe, comme attirée par le sol.

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