Connect with us

A Herculanum, les hommes et les femmes ensevelis par le Vésuve avaient des menus différents

DMFUoP

Sciences

A Herculanum, les hommes et les femmes ensevelis par le Vésuve avaient des menus différents

A Herculanum, les hommes et les femmes ensevelis par le Vésuve avaient des menus différents

Squelettes dégagés lors d’une fouille sur le site d’Herculanum.

Les victimes de l’éruption du Vésuve, en l’an 79 de notre ère, n’en finissent pas de livrer leurs secrets. Ceux de leur mort tragique, bien sûr. Mais aussi ceux de leur vie si prospère, à l’ère de la Rome antique triomphante. Leurs dépouilles viennent de révéler la composition de leur alimentation. La découverte, publiée dans la revue Science Advances du 25 août, suggère que le régime alimentaire des femmes et des hommes différait alors dans cette région. De plus, la part des poissons marins dans la nourriture d’alors (tous sexes confondus) était plus élevée que dans le régime méditerranéen actuel, où la part de produits animaux ne cesse d’augmenter. Un résultat qui reste à vérifier : l’analyse a été conduite sur les ossements de 17 personnes seulement, parmi les 340 victimes dont les restes ont été retrouvés, ensevelis, sous la plage d’Herculanum.

Ecoutons d’abord Pline le Jeune, témoin direct de la catastrophe : « Les maisons, autour de nous, étaient si fortement ébranlées qu’elles étaient menacées d’une chute infaillible (…). Nous prenons enfin le parti de quitter la ville. Le peuple épouvanté s’enfuit avec nous », raconte-t-il dans une lettre à l’historien Tacite. Tous se réfugient sur la côte. « La mer semblait refoulée sur elle-même, et comme chassée du rivage par l’ébranlement de la terre. (…) Le rivage était agrandi, et beaucoup de poissons étaient restés à sec sur le sable. De l’autre côté, une nuée noire et horrible, déchirée par des tourbillons de feu, laissait échapper de ses flancs entrouverts de longues traînées de flammes, semblables à d’énormes éclairs. » Pline le Jeune a suivi le désastre depuis Misène, un port militaire situé à 32 kilomètres du Vésuve. A l’abri, donc, des redoutables nuées ardentes crachées par le cratère en furie.

Les révélations du collagène

Les habitants d’Herculanum n’ont pas eu cette chance. Ils espéraient trouver refuge sous neuf arches de pierre situées en front de mer. Hélas. Dévalant la pente à 700 km/h, ces aérosols brûlants ont eu tôt fait de les rattraper. Ces poussières de gaz, de cendres et de fragments de roche, atteignant plusieurs centaines de degrés, « font bouillir le sang et exploser les crânes en une fraction de seconde », explique Sébastien Lepetz, directeur de recherche CNRS au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN).

Les ossements de six de ces femmes et de onze de ces hommes ont été passés au crible d’une analyse isotopique fouillée. Les auteurs en ont d’abord extrait le collagène, la protéine la plus abondante du corps humain. Ils ont séparé, par chromatographie, les briques élémentaires de cette protéine : les acides aminés. Pour quinze de ces acides aminés, ils ont mesuré, par spectrométrie de masse, la composition en isotopes du carbone et de l’azote. Enfin, pour interpréter ces données isotopiques, les auteurs ont utilisé des statistiques probabilistes.

Il vous reste 51.83% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Continue Reading
You may also like...
Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

More in Sciences

To Top
Recherche.fr