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« A l’hôpital, les services s’en sortent mieux quand les manageurs font confiance à leurs équipes pour construire le soin »

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« A l’hôpital, les services s’en sortent mieux quand les manageurs font confiance à leurs équipes pour construire le soin »

« A l’hôpital, les services s’en sortent mieux quand les manageurs font confiance à leurs équipes pour construire le soin »

Pionnier, le médecin Philippe Colombat établit dès 1992 une organisation et un management participatifs dans son service d’oncologie médicale au CHRU de Tours. Une réponse à la déshumanisation des soins et à l’épuisement des soignants. Il ne cesse, depuis, de promouvoir la démarche participative, et l’étudie dans l’équipe de recherche en psychologie QualiPsy (université de Tours). Aujourd’hui, l’ancien chef de pôle cancérologie-urologie préside l’Observatoire national de la qualité de vie au travail des professionnels de santé et du médico-social. Un enjeu fort en ces temps de pandémie.

Philippe Colombat, professeur en hématalogie et président de l'Observatoire de la qualité de vie au travail des professionnels de santé, le 27 août 2021.

La crise a donné l’envie de changer de métier à 40 % des infirmiers, selon un sondage, réalisé en mai, de leur ordre national. Après un an et demi de pandémie, comment vont les soignants ?

Mal. Ils sont épuisés. Ils doivent gérer une lourde charge de travail, les incertitudes face à ce nouveau virus, la peur de l’attraper et de contaminer leurs proches… Tout cela sans moyen de se ressourcer. L’envie de changer de métier exprimée par ces infirmiers résulte d’un épuisement professionnel (le burn-out), avec trois composantes : l’épuisement émotionnel, la déshumanisation de la relation à l’autre et la perte du sens et de l’accomplissement de soi au travail. Sa fréquence était déjà élevée avant la crise, surtout dans la fonction publique hospitalière. Mais la pandémie de Covid-19 a exacerbé les difficultés.

Quels enseignements tirez-vous de la crise sanitaire ?

D’après nos remontées de terrain, dans les services qui s’en sortent le mieux, les manageurs font confiance à leurs équipes pour construire le soin. Cela confirme une chose : il faut avoir confiance en l’intelligence collective. L’après-crise devra être l’occasion de changer de système. Au vu des derniers rapports, j’ai le sentiment que les étoiles s’alignent dans ce sens. Le plan d’actions pour les métiers du grand âge et de l’autonomie, issu du rapport El Khomri [2019], veut réduire la sinistralité dans les Ehpad et améliorer la qualité de vie au travail [QVT]. La loi Rist d’avril, qui reprend des préconisations du rapport Claris sur la gouvernance hospitalière [2020], repositionne le service comme échelon de référence et promeut le management participatif. Depuis peu, le projet de gouvernance et de management participatif des établissements est même inscrit dans le Code de la santé publique. Aujourd’hui, tout le monde parle de la qualité de vie au travail – soit la perception d’une personne concernant l’adéquation entre ses attentes et son vécu physique, psychologique et social au travail –, du management participatif et de leurs liens avec l’attractivité des métiers, la fidélisation du personnel, la qualité et la sécurité des soins.

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