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A Lyon, une étude de grande ampleur sur l’utilisation des antifongiques en réanimation

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A Lyon, une étude de grande ampleur sur l’utilisation des antifongiques en réanimation

A Lyon, une étude de grande ampleur sur l’utilisation des antifongiques en réanimation

Le champignon filamenteux Aspergillus fumigatus en microscopie électronique à balayage.

Les aspergilloses, ces infections pulmonaires causées par les spores de champignons, représentent un fléau sanitaire, peu connu et pourtant dévastateur. Plus de 1,5 million de patients meurent chaque année dans le monde d’une infection fongique invasive. Celle-ci peut avoir lieu en milieu hospitalier lors des intubations en réanimation. Les aspergilloses ont ainsi provoqué une surmortalité sensible des patients atteints de Covid, compte tenu de leur affaiblissement immunitaire, mais aussi d’un éventuel mauvais usage des antifongiques, qui peut favoriser le développement de souches résistantes. Selon une étude américaine, 13,5 % des patients atteints de Covid, ventilés en réanimation, ont développé une aspergillose. Et la moitié des patients touchés à la fois par le SARS-CoV-2 et l’infection fongique sont décédés, alors que le taux de mortalité des patients atteints d’un Covid grave seul est estimé en moyenne à 30 %.

L’infection des voies pulmonaires par les champignons a donc un impact fort sur l’issue fatale de la maladie. Ce constat a incité les Hospices civils de Lyon (HCL) à entreprendre dès cet été une étude scientifique inédite sur l’utilisation des antifongiques en réanimation, avec l’objectif d’offrir aux soignants un nouvel outil de prescription. Une équipe pluridisciplinaire va passer au crible tous les dossiers des patients hospitalisés à Lyon pour cause de Covid depuis mars 2020. L’étude passe d’abord par un balayage informatique des dossiers à partir de mots-clés, pour déterminer les cas qui ont fait l’objet de traitements antifongiques parmi les milliers de patients pris en charge depuis le début de la crise. « L’idée est de comparer la consommation des antifongiques par rapport au nombre d’aspergilloses pulmonaires diagnostiquées. Au besoin, nous pourrons étudier de plus près les dossiers sélectionnés pour analyser la manière dont les antifongiques ont été utilisés », explique Anne-Lise Bienvenu, pharmacienne en poste à l’hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon.

Pour cette spécialiste des antifongiques, la pandémie donne « l’occasion d’une étude rétrospective sans précédent et démontre la nécessité de renforcer les actions de bon usage des antifongiques, pour répondre à un problème de santé publique majeur ». « Lors de la première vague, des traitements antifongiques empiriques ont été administrés, notamment pour éviter la complication pulmonaire du patient traité en réanimation. Or le champignon se défend et peut développer des mutations pour échapper à ces traitements », détaille Anne-Lise Bienvenu, selon qui la surconsommation d’antifongiques risque de faire perdre de leur efficacité à ces traitements.

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