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A mi-parcours, la COP26 partagée entre louanges et désillusions

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A mi-parcours, la COP26 partagée entre louanges et désillusions

A mi-parcours, la COP26 partagée entre louanges et désillusions

A mi-parcours de la cruciale COP26, de nouveaux engagements climatiques éloignent sans doute un peu la planète du réchauffement « catastrophique » prédit par l’ONU. Mais comme promesse ne rime pas avec réalité, les appels à l’action redoublent tandis que les pays pauvres crient à l’injustice.

Renforcement des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’Inde, du Brésil ou de l’Argentine, engagement d’une centaine de pays à réduire les émissions de méthane, promesses de sortie du charbon…

Après une semaine d’annonces largement promues par la présidence britannique de la COP26, certains évoquent déjà des succès sans précédents, comme l’émissaire américain John Kerry.

« Je n’ai jamais, dans les premiers jours d’une COP, compté autant d’initiatives et autant d’argent mis sur la table », a-t-il commenté. Et « la majorité des pays du G20 ont de véritables plans (…) qui garderont l’objectif de +1,5°C à portée si ces plans sont appliqués. Cela change la donne ».

La militante suédoise Greta Thunberg parle à une foule de manifestants protestant contre

La militante suédoise Greta Thunberg parle à une foule de manifestants protestant contre « l’échec » de la COP26, à Glasgow, Ecosse, le 7 novembre 2021 (AFP – DANIEL LEAL-OLIVAS)

A l’opposé, la militante suédoise Greta Thunberg: « La COP26 est un échec », a-t-elle déjà jugé vendredi devant des milliers de jeunes qui ont défilé dans Glasgow.

« Il y a deux vérités ici », note Helen Mountford, du centre de réflexion World Resources Institute. « Nous avons fait beaucoup de progrès dans certains domaines, que nous n’aurions jamais imaginés il y a deux ans, mais en même temps, ce n’est pas assez ».

Qui pouvait ainsi imaginer que la Chine, puis l’Inde, s’engageraient à la neutralité carbone ? Leur objectif est toutefois plus lointain que la date de 2050 prônée par les scientifiques pour espérer limiter le réchauffement à +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle, objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris.

L'impact du changement climatique sur les pays vulnérables (AFP - Gal ROMA)

L’impact du changement climatique sur les pays vulnérables (AFP – Gal ROMA)

Avant cette COP, les engagements de réduction de CO2 des Etats pour 2030 menaient vers un réchauffement « catastrophique » de 2,7°C, au mieux 2,2°C en ajoutant les objectifs de neutralité carbone pour le milieu du siècle, selon le rapport de référence de l’ONU-Environnement.

Ces estimations n’ont pas encore été mises à jour, mais selon diverses analyses préliminaires d’autres experts, si et seulement si toutes les nouvelles promesses étaient effectivement remplies, on pourrait limiter le réchauffement un peu au dessous de +2°C, peut-être 1,8°C, selon le calcul le plus optimiste.

Mais, alors que chaque dixième de degré supplémentaire entraîne son lot de nouvelles catastrophes, le plafond de +1,5°C serait toujours dépassé. Et la requête des pays les plus vulnérables de soumettre chaque année des engagement plus ambitieux devrait rester lettre morte, selon les observateurs.

– « Charité aléatoire » –

Quant à la neutralité carbone, « c’est une bonne chose que ce soit la nouvelle référence mais la plupart des engagements ne sont pas étayés par des plans de mise en oeuvre », souligne à l’AFP Laurence Tubiana, architecte de l’accord de Paris, dénonçant le greenwashing devenu selon elle aussi dangereux que la négation du changement climatique.

Du côté des pays les plus pauvres, les moins responsables du réchauffement mais qui paient déjà le prix de ses impacts ravageurs, la question explosive du financement focalise toujours le ressentiment, dans le contexte de la crise sanitaire mondiale.

Différents peuples indigènes participent aux manifestations contre la COP26 à Glasgow en Ecosse, le 7 novembre 2021 (AFP - DANIEL LEAL-OLIVAS)

Différents peuples indigènes participent aux manifestations contre la COP26 à Glasgow en Ecosse, le 7 novembre 2021 (AFP – DANIEL LEAL-OLIVAS)

« Cette première semaine est une déception, la plupart de nos préoccupations ne sont pas en train d’être prises en compte réellement », dénonce lors d’un entretien avec l’AFP Ahmadou Sebory Touré, qui préside le Groupe77+Chine rassemblant 134 pays en développement ou émergents.

« Il y a une mauvaise foi des pays développés qui demandent toujours aux pays vulnérables de faire davantage », poursuit-il, mais sans mettre sur la table les fameux « 100 milliards ».

En 2009, les pays développés avaient promis de porter à 100 milliards de dollars par an leur aide aux pays en développement pour réduire leurs émissions et s’adapter aux impacts. Mais il manquait encore plus de 20 milliards en 2019, et le Nord espère désormais y parvenir en 2023.

Archie Young, négociateur climat du Royaume-Uni à la COP26 à Glasow en Ecosse, le 6 novembre 2021 (AFP - Paul ELLIS)

Archie Young, négociateur climat du Royaume-Uni à la COP26 à Glasow en Ecosse, le 6 novembre 2021 (AFP – Paul ELLIS)

« Arrêtons les paroles en l’air sur l’accès aux financement », a dénoncé Lia Nicholson, négociatrice pour l’Alliance des petites Etats insulaires (Aosis), déplorant que les populations en première ligne des dérèglements climatiques « soient prises en otage d’une charité aléatoire ».

Après une première semaine où groupes de négociations et observateurs ont dénoncé les restrictions d’accès liées au Covid-19 malgré les promesses d’une COP « inclusive », les ministres entrent en piste cette semaine pour tenter de trouver des compromis sur les grandes orientations politiques mais aussi sur les articles en suspens depuis trois ans du manuel d’utilisation de l’accord de Paris, notamment sur le fonctionnement des marchés carbone.

Mais certains doutent de la volonté des grands émetteurs d’aboutir à une déclaration finale ambitieuse.

« Si le changement climatique est une alerte rouge pour l’humanité, pourquoi tant de pays à la COP26 négocient-ils comme si c’était un simple exercice incendie? », lance Rachel Rose Jackson, de l’ONG Corporate Accountability.

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