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A Saint-Malo, le projet de Musée d’histoire maritime tombe à l’eau

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A Saint-Malo, le projet de Musée d’histoire maritime tombe à l’eau

A Saint-Malo, le projet de Musée d’histoire maritime tombe à l’eau

Le cotre corsaire « Le Renard », dernier bateau armé par Robert Surcouf dans la baie de Saint-Malo, en Bretagne, en 2006.

L’architecte avait été retenu, le programme muséographique détaillait chacune des pièces qui seraient exposées, mais le maire Les Républicains de Saint-Malo, Gilles Lurton, élu en mars 2020, a brutalement décidé d’abandonner le projet du Musée d’histoire maritime (MHM) qui devait ouvrir en avril 2022.

A l’origine de ce projet, il y a, en 1995, une découverte d’archéologie sous-marine qui fait le tour du monde : deux épaves de frégates corsaires du XVIIIe siècle gisent au pied des écueils de la Natière, en baie de Saint-Malo. La Dauphine, 300 tonneaux, escortait une prise anglaise quand elle a sombré en 1704 ; L’Aimable-Grenot, 400 tonneaux, partait pour Cadix, chargée de toiles et d’autres marchandises lorsqu’elle a coulé, en 1749. Sous les masques des plongeurs reposent 1 000 m2 de vestiges et un véritable musée sous-marin de la vie corsaire : vaisselle, objets personnels des marins, armement, outils, marchandises, tonneaux à vin, carcasses d’animaux…

Un vaste chantier de restauration est lancé, sur des pièces qui pour certaines sont exceptionnelles, tels ces neuf canons (sur une batterie de vingt-sept), confiés au laboratoire de restauration Arc’antique de Nantes. L’extraction complète des chlorures par électrochimie dure trois à quatre ans, et on découvre dans l’âme des canons que cinq sont encore chargés, prêts à tirer.

« La collection est propriété de l’Etat, mais le principe est de favoriser une mise en dépôt proche du lieu de la découverte, à charge pour le dépositaire de valoriser les collections, explique Michel L’Hour, qui vient de prendre sa retraite de la direction du département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm), au ministère de la culture. Nous avons logiquement confié les 2 500 objets issus de cette découverte à la ville de Saint-Malo. » Mais le public n’a toujours pas pu voir cette extraordinaire collection.

Dimension nationale et internationale

Dès 2006 émerge pourtant une volonté collective, portée par l’Etat, la région, le département et la ville, de construire un grand Musée d’histoire maritime. Après bien des tergiversations, un emplacement est retenu sur les quais, face à la mer. L’architecte japonais Kengo Kuma remporte le concours pour la construction du bâtiment en 2018.

Catherine Ferrar, ancienne administratrice générale du Musée du Louvre-Lens, est nommée responsable du projet. La scénographie est confiée au cabinet Projectiles, qui aménage notamment la galerie d’Histoire du château de Versailles. Un projet est écrit, qui intègre les vestiges des épaves, mais aussi tableaux et objets issus du Musée historique de Saint-Malo, fermé en 2019 pour cause d’insalubrité.

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