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Apple met en pause son outil de lutte contre la pédopornographie, mais serait mieux inspiré de l’abandonner

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Apple met en pause son outil de lutte contre la pédopornographie, mais serait mieux inspiré de l’abandonner

Apple met en pause son outil de lutte contre la pédopornographie, mais serait mieux inspiré de l’abandonner

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En août dernier, Apple dévoilait de nobles intentions, lutter contre la diffusion de contenus pédopornographiques (CSAM, pour Child Sexual Abuse Material, en anglais), mais avec une approche très inquiétante, qui revient effectivement à créer une porte dérobée dans ses outils de chiffrement. Il s’agissait en effet, pour un des trois points de la stratégie annoncée, de scanner les photos juste avant qu’elles ne soient stockées sur iCloud en utilisant un outil de chiffrement, afin de pouvoir communiquer la présence d’éventuelles photos illégales.

Très rapidement, de nombreux activistes et spécialistes de la technologie ont pris position contre cette décision. Au point qu’Apple a indiqué tout récemment mettre en pause son programme pour s’assurer de procéder le plus intelligemment possible, et surtout pour apporter des garanties sur le respect de la vie privée des utilisateurs. Le géant de Cupertino a précisé vouloir « prendre plus de temps au cours des prochains mois pour récolter des retours et réaliser des améliorations ».

Pas une révision, un abandon

Mais, de l’avis de nombreux défenseurs des libertés essentielles, comme l’Electronic Frontier Foundation (EFF), ce n’est pas assez. Apple doit purement et simplement abandonner son projet.

Selon l’EFF, les fonctions détaillées par Apple pour protéger des enfants « créeraient une infrastructure qu’il serait trop facile de rediriger pour en faire un outil de surveillance ou de censure ». Un « danger énorme pour la vie privée et la sécurité des utilisateurs d’iPhone ». Car l’outil de « détection de CSAM » pourrait tout à fait une fois mis en place être utilisé à d’autres fins si un gouvernement le décidait.

De même que la position du « je n’ai rien à cacher » n’est pas défendable quand on parle de protection ou d’entorse à la vie privée, la motivation de cet outil de surveillance met en péril tout crédibilité du principe de liberté et de vie privée. Si les contenus pédopornographiques doivent évidemment être détruits, interdits, bloqués, le prix à payer en l’espèce est bien trop important, car il revient à ébranler les libertés fondamentales.

L’EFF y voit aussi une menace pour les jeunes membres de la communauté LGBTQ, et même pour les enfants qui se trouvent dans des foyers où ils peuvent être victimes d’abus divers. La fondation rappelle que plus de 90 organisations à travers le monde ont demandé à Apple d’arrêter son projet, plus de 27 000 signatures ont été apposées à la pétition lancée par l’EFF, d’autres pétitions du même genre ont cumulé des dizaines de milliers de noms, également.

A découvrir aussi en vidéo :

Apple s’était montré ferme face au FBI lors de l’affaire du massacre de San Bernadino, refusant de déverrouiller l’iPhone 5c d’un des attaquants. Il est donc surprenant que le géant ouvre de lui-même, même si c’est pour la bonne cause, une faille officielle et autorisée dans tous ses appareils. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, une méthode qui permet de scanner les contenus présents sur un iPhone ou un iPad avant qu’ils ne soient transférés dans le Cloud, sans contrôle de l’utilisateur.

Montrer l’exemple

On passera sur le fait qu’Apple n’a pas cherché à recueillir immédiatement des avis extérieurs de manière ouverte. En revanche, on ne pourra que rappeler deux points essentiels. D’une part, le géant californien donne le la dans de nombreux domaines. Le voir s’engager sur une pente glissante et dangereuse n’est guère encourageant, car si Apple le fait, d’autres acteurs suivront. D’autre part, les équipes de Tim Cook rappellent à toute occasion leur engagement pour le respect de la vie privée. L’adjonction de fonctions comme Private Relay dans ses OS semble indiquer qu’Apple est sérieux en la matière.

Or, on touche là au point de jonctions de deux univers : un monde technique, qui doit servir et permettre des usages, qui doit fournir des outils, et un monde plus philosophique, éthique, qui par le caractère même des smartphones, ou tablettes, est soumis aux décisions des développeurs et concepteurs de ces produits. Or, les grands principes de liberté, nés des Lumières, ne peuvent être confiés à des seuls techniciens, aussi géniaux soient-ils.

Au-delà des outils, Apple doit s’affirmer comme un défenseur inébranlable de ces libertés essentielles. Aussi importante et vitale soit-elle, la protection des enfants et la lutte contre la pédopornographie, pas plus que la lutte contre le racisme ou l’incitation à la haine, ne peuvent se faire au détriment de ses valeurs qui garantissent un monde libre pour tous.

Source : EFF

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