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Baolis d’Inde : des puits communautaires comme des temples de pierre

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Baolis d’Inde : des puits communautaires comme des temples de pierre

Baolis d’Inde : des puits communautaires comme des temples de pierre

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Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir Hors-série n°198 daté juillet-août 2019.

On y prie, on s’y baigne, on s’y rencontre, et surtout on y puise l’eau ! Pour capter en profondeur la précieuse ressource hydraulique, les Indiens ont inventé dès le 4e siècle des structures uniques et majestueuses : les baolis, ou bâoris. Construits en pierre, ces puits à degrés, sortes de pyramides inversées très larges en surface et qui s’étrécissent à mesure qu’elles s’enfoncent dans la terre, présentent alternativement des escaliers et des terrasses, permettant aux habitants de cheminer le long des parois. Le niveau d’eau y fluctue en fonction de la nappe phréatique : on l’atteint en quelques marches lorsque celle-ci est pleine, mais en période sèche, il faut descendre plus bas. Par leur conception ingénieuse, les baolis permettaient également de recueillir l’eau de pluie, notamment dans le nord-ouest de l’Inde où les moussons diluviennes sont suivies de mois très secs.

Les Britanniques n’y voyaient qu’insalubrité et sources de maladie

Ces ouvrages, dont rien n’émerge au-dessus du sol, reliaient vie terrestre et vie spirituelle. Car s’ils constituaient des lieux communautaires où les habitants pouvaient prendre le frais, ils ont également joué un rôle religieux. Les femmes qui venaient chercher l’eau y priaient et faisaient des offrandes aux dieux du puits. Les sikhs et les hindous en considéraient certains comme des lieux de pèlerinage.

Au contraire des Britanniques, maîtres de l’Inde de 1757 à 1947, qui n’y voyaient qu’insalubrité et sources de maladies ! Et ordonnèrent de les assécher, de les recouvrir, voire de les détruire. Il en reste tout de même 3000. Les plus remarquables – parfois ornés de colonnes, de sculptures et d’arches – se visitent aujourd’hui, notamment au Rajasthan. Le Chand Baori, l’un des plus profonds et des plus larges, situé dans la ville d’Abhaneri, près de Jaipur, a été creusé au 8e siècle. Il abrite d’impressionnants escaliers qui descendent à 30 mètres sous terre – 3500 marches se répartissant sur 13 niveaux. À quelques centaines de kilomètres plus au sud, le Raniji-ki Baori et ses éléphants de marbre blanc plonge encore plus bas…à 46 mètres.

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