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Ces expériences de science fondamentale ou rien ne pèse plus rien

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Ces expériences de science fondamentale ou rien ne pèse plus rien

Ces expériences de science fondamentale ou rien ne pèse plus rien

A bord de l’Airbus Zéro-G, à Bordeaux, le 30 septembre 2021.

Même s’il effectue quelques vols commerciaux à destination de clients cossus désireux, contre 6 000 euros, de tester les joies de l’impesanteur et de « s’envoyer en l’air », l’Airbus Zéro-G a pour principaux usagers les agences spatiales française, allemande et européenne. Pour la France, le Centre national d’études spatiales (CNES) « organise deux campagnes par an, une au printemps et l’autre à l’automne, explique Sébastien Rouquette, responsable des vols paraboliques au CNES. La préparation d’une campagne, c’est six mois de travail, et une dizaine de projets de recherche sont retenus à chaque fois. »

Les expériences déployées à bord de l’avion n’ont pas toutes pour objectif de développer une application pour les équipements ou les vols spatiaux. « La micropesanteur, c’est avant tout un outil, et un outil merveilleux quand on travaille comme moi sur le mouvement et l’équilibre », assure Etienne Guillaud. Cet ingénieur de recherche CNRS à l’Institut de neurosciences cognitives et intégratives d’Aquitaine a ainsi installé dans l’A310 deux vélos d’appartement un peu spéciaux : la pédale gauche n’est pas fixe mais coulisse le long d’un petit rail. Les « cobayes » ont pour tâche d’entraîner le pédalier avec le pied droit et d’apprendre au pied gauche à se maintenir au bon endroit, le tout en micropesanteur, alors que les jambes ne pèsent plus rien. L’idée est de suivre, lors de cet apprentissage, les réactions des récepteurs naturels situés dans les muscles et les tendons.

« Courir » après le cœur

A 2 mètres des vélos, on s’affaire autour d’un autre cobaye, bardé de capteurs et sanglé dans un baquet de voiture de rallye. Le but est ici, par échographie 3D, de mesurer les contraintes qui s’exercent sur le cœur ainsi que son volume, lorsque l’organe et le sang qu’il pompe n’ont plus de poids. « C’est un gros défi pour l’échographiste, insiste Hervé Normand, professeur à l’université de Caen et praticien hospitalier au CHU de la même ville. En micropesanteur, le cœur se balade de 3 centimètres et change d’orientation. On doit lui courir après, l’immobiliser en inclinant le sujet et en se servant de ses poumons. » Il faut être rapide, précis, concentré, immobile soi-même… et ne pas subir de coupure de courant comme cela a été le cas pour l’expérience lors du premier des trois vols de la campagne.

A l’autre bout de la carlingue, une « manip » de physique des fluides a elle aussi connu quelques soucis : « Ce sont des conditions un peu extrêmes pour les matériels, reconnaît Catherine Colin, professeure à l’Institut de mécanique des fluides de Toulouse. Notre pompe a bien marché en labo mais elle n’a pas beaucoup aimé les passages de 0 à 2 g. » Heureusement, tout a bien fonctionné durant le deuxième jour de cette expérience qui étudie les transferts de chaleur dans un liquide en ébullition. « Le mélange de liquide et de vapeur se comporte très différemment en micropesanteur par rapport à ce qui se passe lorsque vous faites bouillir de l’eau dans votre casserole, précise la chercheuse. La micropesanteur permet une meilleure compréhension du phénomène physique. » Intéressant pour ceux qui fabriquent beaucoup de vapeur et doivent évacuer de la chaleur… par exemple les centrales nucléaires.

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