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Chasseurs de virus : la délicate gestion des risques de contamination

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Chasseurs de virus : la délicate gestion des risques de contamination

Chasseurs de virus : la délicate gestion des risques de contamination

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La crise due au Covid-19 a mis les soignants sur le devant de la scène. Mais aussi les chercheurs. Parmi eux, une profession dont nombre de personnes ne pouvaient soupçonner l’existence a soudain pris la lumière : chasseur de virus. Virologues ou vétérinaires, souvent les deux, ils parcourent le monde pour traquer chez les animaux les agents pathogènes susceptibles d’infecter les humains et de provoquer la prochaine pandémie. L’Agence américaine pour le développement international (Usaid) vient d’annoncer qu’elle allait injecter 125 millions de dollars (108 millions d’euros) dans de nouveaux programmes de collecte et d’étude de virus à potentiel pandémique à travers le monde. Mais quelles précautions prennent les chercheurs ? Tiennent-ils bien compte du danger qu’ils courent et, par là même, qu’ils pourraient faire courir aux autres en cas de contagion ?

Chef de l’unité Environnement et risques infectieux à l’Institut Pasteur, Jean-Claude Manuguerra l’assure : « Avant de réaliser des prélèvements sur des animaux sauvages, on se pose toujours la question de la sécurité des personnes que nous envoyons. Nous avons une responsabilité d’employeur, mais aussi une responsabilité morale qu’elles ne seront pas exposées à des risques inutiles. » Ce qui passe d’abord par un rappel simple, souligne-t-il : « dans toutes les missions, le premier risque, c’est l’accident de la route. Le second, ce sont les maladies qui existent dans ces pays, par exemple la fièvre jaune, la méningite à méningocoque ou le paludisme. Un photographe qui travaillait pour nous est mort de la fièvre jaune il y a quelques années. »

S’ajoutent les menaces directement liées à la traque de pathogènes chez des animaux potentiellement porteurs. Jean-Claude Manuguerra entame un inventaire : « Dans les grottes où vivent les chauves-souris, il peut y avoir l’histoplasmose, un champignon susceptible d’entraîner la mort. On s’équipe donc toujours de masques FFP3. Si des rongeurs s’y trouvent, leur urine peut être porteuse de la leptospirose. Et, dans le cas d’accumulation de guano de chauves-souris, il y a un risque de dégagement d’ammoniac. Ce qui, outre le masque, impose des lunettes de protection. » Pour s’assurer de ne pas contaminer les vêtements, les chercheurs s’équipent aussi systématiquement d’une blouse. Un minimum, en vérité. En cas de suspicion de virus particulièrement pathogènes, Ebola ou Marburg, les scientifiques sortent la grosse artillerie : combinaison intégrale et masque à respiration filtrée.

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