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Chez les abeilles aussi, un plus gros cerveau permet de mieux apprendre

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Chez les abeilles aussi, un plus gros cerveau permet de mieux apprendre

Chez les abeilles aussi, un plus gros cerveau permet de mieux apprendre

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SAUVAGES. Un cerveau plus gros est synonyme de meilleures performances cognitives. Cela est désormais bien établi par de nombreuses études chez les mammifères et les oiseaux, des espèces où l’évaluation des capacités à apprendre et le poids du cerveau n’est déjà pas simple. Mais qu’en est-il chez les invertébrés ? Du fait de la taille des insectes et du volume d’un cerveau en rapport avec celle-ci, la tâche est plus difficile. Le CREAF, centre public d’études en écologie de l’Université de Barcelone, s’y est attelé. Ses résultats publiés dans le Royal society open science démontrent que les abeilles sauvages ne font pas exception à ce qui ressemble de plus en plus à une règle.

Les chercheurs catalans ont évité l’abeille domestique Apis mellifera déjà bien étudiée et où il a été montré de grandes capacités cognitives et adaptatives malgré la taille de son cerveau. Leurs travaux ont porté sur des espèces solitaires d’abeilles sauvages où des travaux antérieurs ont montré des différences de taille de cet organe entre espèces et entre individus de la même espèce. On sait ainsi que les abeilles qui se nourrissent sur des plantes spécifiques ont un plus gros cerveau que les généralistes ce qui s’expliquerait par le fait que la recherche d’un aliment plus rare implique une meilleure aptitude à comprendre son environnement, à s’y déplacer et à repérer les lieux particuliers de nourrissage.

Les abeilles ont appris à associer une couleur et une récompense

ANDRENES. Les chercheurs ont capturé dans les espaces naturels et les jardins d’Andalousie 120 spécimens provenant de 16 espèces différentes. Ces insectes ont été apportés en laboratoire où on les a entraînés à un test dans les trois heures après leur capture. Dans une première phase « d’entrainement », les abeilles ont été confronté à un labyrinthe à deux branches associant une couleur –bleu ou jaune que reconnaissent bien les abeilles- à du sucre ou de l’eau. Une fois qu’elles ont appris à associer une couleur à la récompense sucrée, elles ont répété l’exercice dix minutes plus tard afin de vérifier que l’association avait bien été comprise et pour mesurer la vitesse d’exécution du test par le « cobaye ». Quatre familles ont réussi l’examen : les Apidae, les Megachilidae, les Andrenidae et les Halietidae. A noter que les individus des trois genres Anthophora, Eucera et Xylocopa n’ont pas réagi à cette procédure et ont dû être écartés de l’expérience.

Dans une seconde phase, les abeilles ont été anesthésiées. Leur tête a été coupée, le cerveau extrait et fixé dans une solution afin d’être pesé sur une microbalance précise au microgramme. Cette première phase a montré de grandes différences de poids entre espèces. Ainsi, les andrènes ou abeilles des sables présentes sur les sols sableux partout en France et en Espagne, battent-elles tous les records et présentent même un cerveau plus lourd que celui de l’abeille domestique. Surtout, celles dont le cerveau est le plus lourd sont celles qui ont le mieux réussi le test du labyrinthe. Si les représentants des 16 espèces ont bien réussi l’épreuve, ceux présentant les plus gros cerveaux ont été les plus rapides et les plus efficaces pour associer une couleur avec une récompense.

Est-ce que ces différences de capacités cognitives peuvent expliquer que parmi les 20.000 espèces d’abeilles présentes dans le monde certaines sont en danger d’extinction alors que d’autres prolifèrent ? La question reste ouverte. « Pour survivre, les abeilles doivent s’adapter à des paysages complexes et changeants pour localiser les fleurs et les sites favorables pour les nids. Aussi, si celles ayant les plus gros cerveaux ont des capacités cognitives plus importantes, nous savons qu’elles seront celles qui s’adapteront le mieux à l’urbanisation ou aux changements de condition de vie » avance ainsi Ignasi Bartomeus, chercheur à la station biologique de Donana en Andalousie dans le communiqué du CREAF.

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