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Comment les cacatoès apprennent à ouvrir les poubelles

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Comment les cacatoès apprennent à ouvrir les poubelles

Comment les cacatoès apprennent à ouvrir les poubelles

Un cacatoès à huppe jaune ouvre le couvercle d’une poubelle domestique à Sydney, en Australie, le 20 juillet 2021.

Des mouettes ou des corbeaux s’alimentant sur des décharges ou dans des sacs-poubelle éventrés, rien ne nous semble plus banal. Mais difficile de résister à ces images-là. Filmées au portable par Richard Major, du Museum d’Australie, à Sydney, elles montrent un cacatoès à huppe jaune saisissant de son bec le couvercle d’une benne à ordures, le faire remonter puis basculer, afin de dégager l’accès au possible festin. La force, mais surtout l’adresse et l’astuce du volatile y apparaissent saisissantes. « Quand je les ai vues, j’ai su qu’il fallait que nous étudions cette innovation », raconte Lucy Aplin, biologiste du comportement au laboratoire d’écologie cognitive du Max Planck Institute, à Radolfzell (Allemagne). Au terme de quatre années de recherche participative, mêlant scientifiques et amateurs, l’équipe vient d’annoncer ses résultats dans la revue Science du 23 juillet, qui se résument aisément : l’acquisition de ce comportement se fait par apprentissage social. Dit autrement, les perroquets ont procédé à une adaptation culturelle pour mieux appréhender l’environnement urbain.

Grande figure de l’ornithologie, Lucy Aplin est connue pour ses travaux sur les cultures animales. Elle a ainsi revisité un exemple mythique, vieux d’un siècle : l’apprentissage de l’ouverture, par les mésanges bleues, des capuchons métalliques des bouteilles de lait laissées sur le pas de la porte en Grande-Bretagne. Elle a poursuivi ses travaux par de nombreuses expériences en semi-liberté sur les passereaux. « La différence tient dans la complexité et les étapes nécessaires pour ouvrir ces bennes, indique l’ornithologue. Je me doutais que ça devait aussi être un apprentissage social. Mais il fallait le montrer. »

Entre mâles

Pour cela, l’équipe a profité des observations de 1 322 personnes à travers les communes de Sydney et Wollongong. Ils ont permis de suivre l’extension progressive de la pratique, comme une vague, passant de 3 quartiers avant 2018 à 44 à la fin de 2019. Les enregistrements montrent souvent l’un des volatiles effectuer la délicate manœuvre, sous le regard de plusieurs de ses congénères. Lesquels d’entre eux deviennent à leur tour des experts ? Une minorité, autour de 10 %, selon les études plus précises réalisées sur certains sites. Le marquage puis le suivi de 500 individus sur trois sites n’ont laissé apparaître aucune transmission particulière entre parents et enfants. En revanche, le savoir-faire touche les différentes générations d’oiseaux, en suivant les réseaux de sociabilité.

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