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Conduite par l’IHU de Marseille d’essais non autorisés sur des patients : la justice saisie

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Conduite par l’IHU de Marseille d’essais non autorisés sur des patients : la justice saisie

Conduite par l’IHU de Marseille d’essais non autorisés sur des patients : la justice saisie

L’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille, le 14 juin 2021.

Depuis des années, l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille prend des libertés à l’égard des règles qui encadrent les recherches menées sur des humains. Une dérive « pas admissible », a réagi publiquement l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), mercredi 27 octobre, en annonçant avoir saisi la justice et diligenté une inspection au sein de l’IHU. L’établissement chargé des décisions de police sanitaire, il est vrai, était sous pression. Cinq jours plus tôt, Mediapart révélait une nouvelle transgression de cette institution marseillaise, dirigée par le très contesté Didier Raoult. Le microbiologiste s’était fait connaître en défendant l’intérêt de l’hydroxychloroquine contre le Covid-19, sans jamais avoir pu le prouver.

L’IHU, expliquait Mediapart, a conduit un essai sauvage pour évaluer un cocktail de quatre antibiotiques chez des patients atteints de tuberculose multirésistante – chez ces patients, le bacille de la tuberculose ne répond plus aux traitements standards de cette maladie. Or, parmi les quatre antibiotiques utilisés par l’IHU, deux ne figurent pas dans la longue liste des traitements recommandés par l’OMS pour traiter ces tuberculoses. Administrer ces traitements sans encadrement constitue donc « une possible perte de chance pour les patients, l’efficacité de ce régime thérapeutique n’étant pas connue », estime le professeur Nicolas Véziris, responsable de l’antenne du Centre national de références sur les mycobactéries à l’hôpital Saint-Antoine (AP-HP), à Paris. Une perte de chance, mais aussi un risque : si bon nombre d’antituberculeux sont connus pour leur toxicité potentielle, l’une des deux molécules prescrites par l’IHU s’est avérée particulièrement toxique pour le rein chez au moins trois patients.

La révélation de cette dernière infraction a été la goutte d’eau de trop. Elle s’ajoute, en effet, à la divulgation par L’Express, le 20 juillet, d’une série de manquements aux règles légales et éthiques encadrant les essais cliniques. L’IHU de Marseille a notamment conduit des recherches chez des personnes, y compris des enfants, sans autorisation préalable des deux autorités compétentes, l’ANSM, d’une part, et un comité de protection des personnes, d’autre part.

Etudes non menées

Face au tollé, l’ANSM a déclaré avoir lancé une enquête après avoir « été alertée en mai 2021, dans le cadre de son dispositif de recueil de signalements émanant de lanceurs d’alerte ». « Sur la base de nos premières investigations, l’ANSM a saisi le procureur de la République [de Marseille] sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale », annonce l’établissement. « Certaines études auraient dû être menées conformément à la législation encadrant les recherches impliquant la personne humaine [articles L. 1121-1 et suivants du code de la santé publique]. » Une manière de dire, par antiphrase, qu’elles ne l’ont pas été.

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