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COP26 : les Hauts conseils pour le climat se mettent en réseau

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COP26 : les Hauts conseils pour le climat se mettent en réseau

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INDEPENDANCE. La France n’est pas la seule à posséder son « Haut conseil pour le climat  » (HCC). Près d’une quarantaine de pays dans le monde s’en sont doté pour conseiller leur gouvernement, souvent, les rabrouer parfois, comme l’a montré l’instance française dans son rapport 2021 fustigeant les retards pris dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

Des aiguillons pour l’action gouvernementale

Toutes ces instances sont très différentes : elles n’ont pas toujours le même périmètre de compétence, ont un statut plus ou moins indépendant, sont plus ou moins bien dotés en personnel et budget. Ainsi, le HCC britannique compte 30 salariés (contre bientôt 10 en France), mais celui-ci a également en charge la définition de la stratégie bas carbone du royaume, ce qui n’entre pas dans le champ d’action du HCC français. « Tout au long de l’année 2021, nous nous sommes rencontrés par visio pour nous mettre d’accord sur des valeurs communes que nous venons de communiquer par lettre à l’ensemble des chefs d’Etats signataires de la convention climat » révèle Corinne Le Quéré, climatologue et présidente du Haut conseil pour le climat français, présente à Glasgow pour lancer l’initiative.

Cette lettre résume les cinq principes qui paraissent essentiels aux 21 premiers HCC, membres du tout nouveau réseau : l’utilisation rigoureuse des dernières avancées scientifiques telles que compilées par le GIEC, l’indépendance dans les avis formulés sur les actions nécessaires d’atténuation des gaz à effet de serre et d’adaptation aux impacts du changement climatique, la compétence pour produire des avis sur les aspects socio-économiques de la transition énergétique – notamment pour s’assurer que cette transition est bien équitable – et enfin la consultation impartiale des acteurs de la société civile porteurs de compétences pouvant éclairer les HCC. Les signataires exhortent tous les gouvernements à se doter sur ces bases de ces instances qui servent d’aiguillons pour l’action gouvernementale. « Les HCC ont largement démontré qu’ils sont essentiels pour accompagner l’action gouvernementale grâce à des avis s’appuyant sur la science et les preuves » affirme Corinne Le Quéré. Ces règles communes de fonctionnement serviront également opportunément à éviter la création de Hauts conseils inféodés au pouvoir.

Bientôt un Haut conseil européen

PARTAGE. Les responsables des HCC voient un autre intérêt à la création de ce réseau : le partage de compétence et d’expérience. Ces instances n’ont pas toutes travaillé sur les mêmes sujets et pourront donc désormais se communiquer leurs méthodes et leurs résultats. « Ainsi, le conseil canadien a rendu un rapport sur les dégâts qui seront évités et donc les bénéfices acquis par une accélération de la sortie du charbon et l’instance britannique a travaillé sur la mobilité, deux sujets que nous n’avons pas encore abordé » compare Corine Le Quéré.

Cela bouge aussi du côté européen. La Commission d’Ursula Von der Layen a en effet demandé dans le cadre de son « pacte vert » que soit créé un Haut conseil européen. La tâche est dévolue aux 15 HCC évoluant dans les pays membres qui s’en sont dotés. Il va donc leur falloir imaginer un mode de fonctionnement à l’échelle de l’Union tout en aidant à la création d’un conseil dans les pays européens qui en sont encore dépourvus. Ainsi, les Hauts conseils pour le climat s’inscrivent-ils dans la durée dans le paysage de la transition énergétique, dans le rôle du conseiller intraitable qui ne laisse rien passer des faiblesses et manquements des politiques énergétiques.

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