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« Courir sur un vieux volcan », l’anthropologue Philippe Charlier évoque les richesses du massif de l’Esterel

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« Courir sur un vieux volcan », l’anthropologue Philippe Charlier évoque les richesses du massif de l’Esterel

« Courir sur un vieux volcan », l’anthropologue Philippe Charlier évoque les richesses du massif de l’Esterel

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir- La Recherche n°893/ 894 daté juillet- août 2021.

 »Chaque année, vers la Toussaint, je sais que je vais descendre dans le Sud, et aller courir chaque matin avec mes garçons dans le massif de l’Estérel. J’aime cette terre rouge et ocre, ces pierres qui ont vécu mille vies, cette végétation de garrigue et de chênes-lièges, ces odeurs de résine et d’herbes aromatiques qui me rappellent ma jeunesse, quand je faisais des fouilles archéologiques à Itanos, en Crète. Serpenter sur ces chemins de traverses est ma madeleine de Proust, avec d’innombrables souvenirs qui remontent à la surface. L’endroit se prête à la rêverie et à la nostalgie, mais aussi à la science : car si ce sol est couleur de sang, c’est parce que nous courons en fait sur un ancien volcan vieux de près de 250 millions d’années !

Désormais, l’érosion a emporté le cône et altéré les coulées de lave, et la métamorphose des roches a fait son œuvre, mais on identifie encore bien ce basalte et cette fameuse estérellite aux reflets bleu-gris qu’on trouve vers le cap du Dramont. Sur les hauteurs, on voit l’île d’or, qui inspira Hergé pour son Île noire ; de l’autre côté du cap, vers Agay, la maison-phare où vivait Saint-Exupéry.

Et puis il y a aussi, plus proche de nous dans l’échelle du temps, les mégalithes érigés au néolithique. Habituellement, nous finissons toujours notre course au menhir d’Aire-Peyronne, avec ses étranges cupules sur chaque côté de cette pierre dressée à la couleur grise, partiellement recouverte de mousses et de lichens. Depuis quelques années, mes fils déposent un petit bouquet de fleurs sur le dessus du menhir, en souvenir des morts qui y ont été enterrés : ce n’est pas parce qu’ils ont 5000 ans qu’il faut les oublier, n’est-ce pas ?”

Philippe Charlier est médecin légiste, anthropologue et archéologue. Il dirige le département de la recherche et de l'enseignement au musée du Quai-Branly-Jacques-Chirac, à Paris.

Philippe Charlier est médecin légiste, anthropologue et archéologue. Il dirige le département de la recherche et de l’enseignement au musée du Quai-Branly-Jacques-Chirac, à Paris. Crédit : THIBAUT CHAPOTOT

SAINT-MAXIMIN-LA-SAINTE-BAUME

Var. « On y trouve une immense basilique qui domine la ville et la campagne : un des lieux les plus sacrés du catholicisme. Impossible de passer près de là sans faire un détour, descendre dans la crypte pour voir le crâne de Marie-Madeleine, dans un impressionnant reliquaire doré. Il y a quelque chose
de mystérieux… mais un peu moins depuis que notre étude scientifique a permis de reconstituer son visage ! »

Renseignements : 04.94.78.00.19

MARCHER SUR LES PAS DES ANCIENS

« L’ascension du mont Ventoux … en relisant Pétrarque, qui fit ce même chemin en 1336 ! Traverser les Cévennes sur le GR70 avec un âne en relisant Stevenson, dont l’épopée date de 1878. Monter à Vézelay en relisant Viollet-le-Duc [qui y restaura la basilique]. J’aime tout particulièrement cette montagne magique, que domine la basilique romane, un des points de départ du chemin de Compostelle… »

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