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Covid-19 : la trop lente prise en compte de la transmission par aérosols

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Covid-19 : la trop lente prise en compte de la transmission par aérosols

Covid-19 : la trop lente prise en compte de la transmission par aérosols

Recommandations de distanciation sociale, à Londres, le 7 juin 2021.

Quel est le mode de transmission privilégié du SARS-CoV-2 ? Un an et demi après l’apparition du virus, les connaissances sur le sujet restent incomplètes. Fin juillet, une équipe américaine des National Institutes of Health, a confirmé, dans une publication en preprint, que le Covid-19 se transmet bien par l’air expiré, sur de longues distances, c’est-à-dire plus de deux mètres (voie dite aéroportée ou par aérosols). Des hamsters dorés ont été ainsi contaminés par des congénères situés dans une autre cage distante de deux mètres de la première. En outre, il a été vérifié qu’aucune gouttelette de plus de 5 micromètres ne passait d’un groupe à l’autre.

Ce n’est que l’un des nombreux résultats montrant une transmission aéroportée de la maladie, aux côtés des transmissions causées par les projections aériennes d’une personne infectée ou celles par contact avec des surfaces contaminées. Le 27 août dans Science, une équipe internationale, faisant un état des lieux du sujet, rappelle cependant que cette voie a été « largement sous-estimée » par les autorités sanitaires, à cause d’« une compréhension insuffisante des phénomènes d’aérosol ».

Néanmoins, elle s’aventure aussi sur un terrain moins consensuel en tentant de hiérarchiser les différents modes de contamination, « cette voie [aéroportée] est même plus prévalente que reconnue habituellement », estime-t-elle. Or, début juillet, dans un avis scientifique et technique, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) rappelait que « la quantification de la contribution des différentes voies de transmission du SARS-COV-2 reste à ce jour rarement documentée ». Selon l’agence, seule une étude américaine de février s’y est risquée tombant sur une répartition environ en trois tiers pour les infections à courte portée, longue portée et par les surfaces.

« Hiatus entre science et politique sanitaire »

Le débat est loin d’être anecdotique, car la manière de se protéger de la maladie n’est pas exactement la même selon le type de contamination. Un masque en tissu bloquera les gouttelettes d’éternuement ou de toux, mais sera moins efficace pour filtrer les aérosols. Le risque de se contaminer par surface est limité par le gel hydroalcoolique.

Quant à la transmission par aérosols, c’est la circulation des flux d’air qui la détermine. D’où l’intérêt de connaître la concentration en CO2 d’une pièce, car son évolution dans le temps suit celle de la concentration en particules virales. « Un capteur de CO2 ne protège pas. Il permet de sensibiliser à la qualité de la ventilation, de doser les ouvertures de portes et fenêtres, d’impliquer les personnes… Leur déploiement aurait dû aussi permettre de réaliser un état des lieux des systèmes de ventilation dans les établissements scolaires et de programmer les investissements. Ce qui n’a pas été le cas », regrette Bruno Andreotti, professeur de physique à l’université de Paris, dont un des articles en preprint sur la voie aéroportée est très cité dans l’avis de l’Anses.

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