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Covid-19 : pourquoi il est de plus en plus difficile de modéliser l’évolution de l’épidémie

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Covid-19 : pourquoi il est de plus en plus difficile de modéliser l’évolution de l’épidémie

Covid-19 : pourquoi il est de plus en plus difficile de modéliser l’évolution de l’épidémie

Un technicien pointe un écran montrant un résultat positif à un test PCR dans un laboratoire du Blanc-Mesnil ( Seine-Saint-Denis), près de Paris, France, le 22 septembre 2020.

Les derniers résultats sont sortis le 8 octobre des ordinateurs des équipes de modélisateurs, qui alimentent les pouvoirs publics sur l’avenir de l’épidémie de Covid-19. Avec un « optimisme prudent », ils ne prévoient pas de reprise importante avant le début de l’année 2022. Mais tout dépend du climat, de la couverture vaccinale, de l’efficacité des vaccins, de la présence de variants, du relâchement des Français… Une longue liste qui témoigne de la difficulté à saisir, depuis un an et demi, les soubresauts épidémiques et que résume l’avertissement qui introduit traditionnellement ces résultats : « Ces scénarios sont faits sur la base de données incomplètes et d’hypothèses incertaines. (…) Les trajectoires décrites dépendent des hypothèses faites ; si les hypothèses ne se réalisent pas, la dynamique observée pourra être différente des projections. »

« On nous dit souvent que nos modèles prédisent tout et son contraire et qu’ils ne servent à rien, reconnaît la modélisatrice Vittoria Colizza de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), dont les travaux éclairent la décision publique depuis le début de la pandémie. Mais ils nous aident à comprendre ce qui pourrait se passer selon différentes hypothèses. » Avec aussi l’objectif de « faire mentir ces modèles, pour que le pire n’arrive jamais », souligne la chercheuse.

Si les mesures décidées par les pouvoirs publics, au vu des projections, ont permis d’éviter les pires scénarios, à plusieurs moments de la pandémie, les modèles ont paru déboussolés à cause de nombreuses incertitudes. Soit sur les propriétés du virus et de ses variants, dont la transmissibilité est difficile à évaluer en temps réel. Soit sur les comportements des Français eux-mêmes (respect des gestes barrières ou relâchement, conduites à risque ou surprécaution, etc.), délicats à modéliser et à anticiper, alors qu’ils sont centraux pour estimer la vitesse de diffusion de l’épidémie. Soit, encore, sur les décisions politiques, qui ne tombent pas toujours au moment choisi par les modélisateurs pour leurs calculs.

Janvier-février 2021 : un tournant difficile à capter

Le 29 janvier, les modélisateurs de l’Institut Pasteur et de l’Inserm publient une note pour décrire les scénarios possibles en France à la sortie de l’hiver, en tenant compte de la présence du dernier variant arrivé, dit Alpha. La croissance en cours devrait se prolonger et seul un nouveau confinement serait à même de contrôler l’épidémie. Mais patatras, quelques jours après, l’épidémie est au contraire en décrue rapide. « Nos modèles étaient calibrés sur les hospitalisations, mais l’impact du couvre-feu n’était pas encore visible », souligne Vittoria Colizza.

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