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DART, une mission kamikaze pour apprendre à se protéger des astéroïdes

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DART, une mission kamikaze pour apprendre à se protéger des astéroïdes

DART, une mission kamikaze pour apprendre à se protéger des astéroïdes

Illustration de la NASA montrant le vaisseau spatial DART et le Licia Cube de l’Agence spatiale italienne, avant l’impact sur le système binaire de Didymos.

De toutes les horreurs qui menacent la Terre et surtout ses habitants, la plus dévastatrice – mais aussi celle qui a la plus faible probabilité de survenir – vient de l’espace : la collision avec un astéroïde de belle taille nous ferait vivre le cataclysme qui fut fatal aux dinosaures (sauf aux ancêtres des oiseaux) il y a 66 millions d’années.

A ce scénario catastrophe on peut opposer deux bonnes nouvelles. D’une part, dans le catalogue des gros astéroïdes dits géocroiseurs, c’est-à-dire susceptibles de passer tout près de l’orbite terrestre, aucun ne risque de percuter notre planète au cours du siècle à venir. Et, d’autre part, l’humanité est sur le point de tester pour la première fois une parade à cette menace, grâce à la mission spatiale américaine DART (acronyme de double asteroid redirection test, sachant qu’en anglais, le mot dart désigne aussi une « fléchette »), qui doit décoller dans la nuit du 23 au 24 novembre de la base de Vandenberg, en Californie.

DART est une sonde de plus d’une demi-tonne qui, contrairement à la plupart des engins scientifiques spatiaux, n’emporte aucun instrument à l’exception d’une caméra qui servira à sa navigation. A quoi bon, alors, l’expédier dans l’espace ? DART est en réalité un kamikaze. Lorsque, à l’automne 2022, il arrivera en vue de l’astéroïde Didymos et de son petit satellite Dimorphos – lesquels ne constituent pas un danger pour notre planète et servent simplement de sujets d’expérience –, il se précipitera sur Dimorphos et s’y écrasera à la vitesse démente de 6,6 kilomètres par seconde, soit près de 24 000 km/h.

Le but est de mesurer ensuite, grâce à des observations menées depuis la Terre, le léger changement d’orbite qui aura été infligé à l’astéroïde-satellite. Le tout afin de vérifier si cette technique dite de déviation par impacteur cinétique s’avère une arme de défense planétaire efficace pour modifier la trajectoire d’un futur astéroïde menaçant et lui faire éviter la Terre. En 2026, la sonde européenne Hera rendra visite au système Didymos-Dimorphos pour mesurer l’étendue des dégâts.

Test de déviation d’astéroïde

Directeur de recherches CNRS à l’Observatoire de la Côte d’Azur et membre de la mission DART, Patrick Michel rappelle que ce concept, avant d’être repris par la NASA, est né en Europe : « Il y a une vingtaine d’années, l’Agence spatiale européenne [ESA] a créé un panel d’experts, auquel j’ai participé, pour faire face au risque d’impact par astéroïde. Nous avons recommandé en 2004 un projet qui s’appelait Don Quichotte et prévoyait un tel test de déviation d’astéroïde. Malheureusement, nous n’avons pas eu de budget pour le poursuivre. » Dans les années 2010, Patrick Michel et son collègue américain Andy Cheng, de l’Applied Physics Laboratory (université Johns Hopkins, Maryland), redonnent corps au projet et imaginent de partager l’effort et le financement entre la NASA et l’ESA.

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