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Débats éthiques sur l’étude de l’ADN humain ancien

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Débats éthiques sur l’étude de l’ADN humain ancien

Débats éthiques sur l’étude de l’ADN humain ancien

Paléontologie. Il y a seulement douze ans, aucun génome complet d’humains anciens n’était disponible. Aujourd’hui, on en compte plus de 6 000. Cette révolution de la paléogénomique a totalement bouleversé l’étude de notre passé lointain, des métissages avec nos cousins disparus, des migrations et des peuplements, mais aussi des spécificités physiologiques de certaines populations actuelles – intolérance au lactose, adaptations à l’altitude, capacité d’apnée, susceptibilité à certaines maladies et même peut-être résistance aux coronavirus. Dans un contexte de compétition aiguë pour accéder aux échantillons, elle a aussi ravivé des discussions sur la façon la plus éthique d’étudier les restes humains.

Le fossile de l’homme de Kennewick, vieux de 8500 ans.

En témoigne la proposition d’un groupe international d’archéologues, d’anthropologues, de généticiens et de conservateurs de collections de fossiles de mettre en œuvre un guide de bonne conduite qui soit « applicable partout dans le monde » pour garantir une « éthique de la recherche d’ADN sur les restes humains ». Présentées dans la revue Nature du 21 octobre, ces règles sont issues de discussions conduites en novembre 2020, lors d’un atelier virtuel réunissant ces chercheurs issus de 31 pays. Les propositions ont été traduites en 23 langues pour souligner la portée internationale souhaitée par les signataires, qui s’engagent à les mettre en œuvre.

De quoi s’agit-il ? De cinq règles, dont le profane pourrait avoir le sentiment qu’elles relèvent de l’évidence. Les voici : « 1. Les chercheurs doivent s’assurer que toutes les réglementations ont été suivies dans les lieux où ils travaillent et d’où proviennent les restes humains. 2. Les chercheurs doivent préparer un plan détaillé avant de commencer toute étude. 3. Les chercheurs doivent minimiser les dommages causés aux restes humains. 4. Les chercheurs doivent s’assurer que les données sont mises à disposition après leur publication afin de permettre un réexamen critique des résultats scientifiques. 5. Les chercheurs doivent s’engager avec les parties prenantes, dès le début de l’étude, et veiller à respecter et à prendre en compte les points de vue des autres parties prenantes [descendants ou peuples indigènes par exemple]. »

Manquements passés

Pourquoi rappeler ce qui semble aller de soi ? Parce que les acteurs du domaine sont conscients de manquements passés. Une affaire a empoisonné pendant plus de vingt ans les relations entre les scientifiques et des tribus amérindiennes, après la découverte en 1996 dans l’Etat de Washington de l’« homme de Kennewick », un squelette vieux de 8 500 ans. Les tribus locales estimaient que l’« Ancien » appartenait à leurs ancêtres et réclamaient sa restitution. Elles ont finalement obtenu gain de cause et réinhumé le fossile, le 18 février 2017, dans un lieu tenu secret, après qu’une analyse ADN a prouvé que les membres de la tribu Colville étaient bien ses plus proches descendants actuels.

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