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Découverte d’un grand four de tuilier gallo-romain à Melun

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Découverte d’un grand four de tuilier gallo-romain à Melun

Découverte d’un grand four de tuilier gallo-romain à Melun

Un grand four de tuilier gallo-romain a été mis au jour par une équipe de l’Institut national de recherches archéologiques préventives à Melun. Des fours similaires, vieux d’environ deux millénaires, ont déjà été découverts en Gaule du Nord, notamment à Mours (Val-d’Oise), il y a une dizaine d’années, mais ils restent rares.

Fosse d’accès au four de tuilier gallo-romain découvert à Melun.

Ouvert le 20 septembre au 19 de la rue Saint-Liesne, dans le quartier éponyme, qui doit son nom à l’église édifiée en souvenir de l’évangélisateur du Melunais, le chantier de fouilles se situe hors des limites de l’antique cité (Melodunum) et à proximité de l’enceinte médiévale. Il concerne une parcelle de 2 000 mètres carrés destinée à accueillir 48 logements collectifs avec leurs parkings. Les chercheurs ne se sont pas aventurés en terra incognita ; déjà, en 1994, on avait trouvé, à proximité, des restes d’une occupation allant du Bas-Empire romain au haut Moyen Age, ce qui a motivé les recherches en cours, qui s’achèveront à la fin de l’année.

Vraisemblablement construit au Ier siècle, ce four, entièrement situé dans l’emprise de la fouille malgré des dimensions respectables (18 mètres de long sur 4 mètres de large), présente une chambre de chauffe à quatre cloisons. Voûté, comme l’indiquent les départs des murs, il a été construit en tuiles plates, des tegulae. Il comprenait deux alandiers, ces tunnels-foyers situés à sa base pour fournir la chaleur nécessaire à la cuisson. Il semble avoir fait l’objet de plusieurs réfections et aménagements.

Maîtrise de l’art du feu

Les rares textes de l’époque étant incomplets, seuls les exemples ethnographiques peuvent nous éclairer sur les techniques de fabrication. A leur lumière, il apparaît que des cuissons comme celles effectuées à Melun pouvaient durer de sept à quinze jours. Le séchage des centaines de tuiles produites à chaque fournée, commencé à l’air libre, s’achevait dans le four « à petit feu », auquel succédait le « grand feu », à 500 °C, avant d’entamer un lent refroidissement.

Tuiles plates (tegulae) découvertes lors de fouilles rue Saint-Liesne, à Melun, en novembre 2021.

Ceux qui travaillaient là étaient des « spécialistes qui maîtrisaient l’art du feu », insiste Gilles Desrayaud, l’archéologue responsable du chantier. Leur professionnalisme n’empêchait pas les « ratés de cuisson », comme le montre un amas de tuiles rondes (imbrices) déformées par la surchauffe, retrouvé dans un circuit de chaleur. Une étude archéomagnétique devrait permettre de dater plus précisément cette découverte.

En dehors du four, les archéologues ont mis au jour des fosses mérovingiennes servant à stocker le grain, des débris de torchis provenant d’un habitat de la même époque, ainsi que des restes d’animaux consommés et des morceaux de céramiques. Des échantillons feront l’objet d’études et un rapport de fouilles sera publié. Le mobilier récupéré sera stocké, et il pourrait faire l’objet d’une exposition dans la ville préfecture de Seine-et-Marne. « Le four sera démonté et physiquement détruit pendant les futurs travaux, mais tout a été dessiné et il sera conservé de manière numérique », tient à préciser Gilles Desrayaud.

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