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Dépendance aux benzodiazépines : comment mieux sevrer les patients

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Dépendance aux benzodiazépines : comment mieux sevrer les patients

Dépendance aux benzodiazépines : comment mieux sevrer les patients

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Les benzodiazépines sont des armes à double tranchant. Prescrites comme somnifères ou comme tranquillisants, elles sont recommandées et efficaces pour un usage ponctuel. Mais, au long cours, ces médicaments entraînent des effets indésirables notoires ainsi qu’une forte dépendance. Des risques méconnus du public, alors même que la France détient le record mondial de la consommation de ces molécules.

Les médecins généralistes, qui en sont pourtant les principaux prescripteurs, mettent souvent en avant la difficulté de l’arrêt de ces médicaments. « La prise chronique de benzodiazépines, comme l’alcool et le tabac, est une addiction », confirme Benjamin Putois, psychologue clinicien et psychothérapeute spécialisé en thérapie comportementale et cognitive (TCC). « Dès 4 à 5 semaines d’utilisation, on est hautement dépendant. Le sevrage devient alors très ardu », ajoute ce responsable d’enseignement universitaire à distance, en Suisse, et chercheur associé à l’Inserm de Lyon.

Pour rendre cette phase moins délicate, il vient d’entreprendre un essai clinique, l’étude Benzostop, avec l’Inserm et l’Association nationale de promotion des connaissances sur le sommeil (Prosom). Un appel à participation est lancé sur le site sécurisé benzostop.org. Cette étude, qui bénéficie d’un financement suisse, inclura 130 patients traités par une benzodiazépine depuis plus de six mois pour un trouble du sommeil.

Un cercle vicieux

Pourquoi se libérer de cette molécule relève-t-il d’un tel défi ? Parce que chez 5 à 8 patients sur 10, l’arrêt brutal du traitement provoque un « syndrome de sevrage », soit un cortège de maux très inconfortables, et même dangereux. « Ce syndrome peut engager le pronostic vital quand il se complique d’une crise convulsive, d’une confusion et d’hallucinations, voire de troubles de la vigilance pouvant aboutir à un état comateux », relève Guillaume Airagnes, psychiatre et addictologue à l’hôpital européen Georges Pompidou (AP-HP, Paris). Avant d’en arriver là, les candidats au sevrage souffrent souvent d’une myriade de troubles : sueurs et tremblements, céphalées, problèmes de concentration, bourdonnements d’oreilles, vertiges, agitation et irritabilité. Sans compter une anxiété et une insomnie dites « de rebond », exacerbées par cet arrêt. Autant de symptômes « très mal tolérés, qui incitent les patients à reprendre leurs benzodiazépines », témoigne Guillaume Airagnes. Ils tentent ainsi de calmer leurs symptômes exacerbés paradoxalement par leurs efforts pour s’en affranchir. Un vrai cercle vicieux.

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