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Des guirlandes de fleurs pour Ramsès II

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Des guirlandes de fleurs pour Ramsès II

Des guirlandes de fleurs pour Ramsès II

Guirlande de Ramsès II. Nymphaea caerula Sav.Deir el-Bahari, Vallée des rois (Egypte), 1224 av. J.-C. ; 1883 (herbier).

C’est une petite note écrite sur un vieux carton : « J’ai retrouvé cet herbier dans le grenier en octobre 1964. J.-C. Jolinon. » Le signataire, Jean-Claude Jolinon, allait devenir par la suite responsable des collections de botanique au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). Ce qu’il avait déniché à l’automne 1964, sous un fatras de papiers, se présentait sous une apparence des plus modestes : une demi-douzaine de planches, pas plus, où étaient accrochées des fleurs fanées aux couleurs passées. Lesquelles patientaient depuis l’entre-deux-guerres au dernier étage du bâtiment de botanique, le long de la rue Buffon, à Paris. Elles avaient tant attendu que quelques décennies de plus ou de moins leur importaient peu. Oubliées. Rien moins que les plus vieilles fleurs séchées du monde. Rien moins que les guirlandes funéraires de Ramsès II.

Le nom fait rêver. Tout comme Toutânkhamon et Cléopâtre, il projette ceux qui le lisent sur les rives du Nil antique. Quand on demande à l’égyptologue Hélène Guichard, conservateur du patrimoine au Musée du Louvre, de resituer le personnage en quelques mots, on sait l’exercice ingrat : « On l’appelle aussi Ramsès le Grand, commence-t-elle. Il a le règne le plus long de l’histoire des dynasties pharaoniques, de 1279 à 1213 av. J.-C. Il meurt à un âge très avancé, 92 ou 93 ans, ce qui en fait un grand vieillard pour l’époque. Cette longévité a contribué à sa notoriété et à sa réputation, tout comme le fait que c’est un conquérant. Il mène de nombreuses campagnes d’expansion géographique : il conquiert et stabilise une bonne partie de la Nubie au sud, et se lance aussi contre les Hittites, au nord. Après plusieurs campagnes, il met en place un traité de paix avec eux. »

A cette image de grand guerrier se superpose celle d’« un bâtisseur phénoménal », poursuit Hélène Guichard. « On ne peut pas faire un pas en Egypte sans tomber sur un monument construit, aménagé ou décoré par Ramsès II. Il bâtit beaucoup de temples dédiés aux dieux mais aussi à sa propre gloire. Il termine le temple d’Abydos commencé par son père Séti Ier, ainsi que la grande salle hypostyle du temple de Karnak. La liste est longue mais on peut aussi citer son temple funéraire, le Ramesseum, et le grand temple d’Abou Simbel. »

Lorsque, il y a plus de trente-deux siècles, Ramsès II s’éteint, sa momie trouve sa place vallée des Rois, dans le tombeau que le pharaon a lui-même fait préparer de son vivant. Mais on a beau avoir été le plus grand souverain de l’Egypte, cela n’arrête pas les pilleurs de sépultures. Pour sauvegarder la momie, les prêtres d’Amon la déplacent une première fois, puis une seconde – probablement au XIe siècle avant notre ère – dans une cachette, sur le site de Deir El-Bahari, non loin de la vallée des Rois. D’autres pharaons sont déménagés à cette occasion, puis le silence et l’oubli enveloppent les dépouilles de Ramsès II et de ses collègues.

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