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Des ultrasons pour détecter la “maladie du foie gras” chez les personnes obèses

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Des ultrasons pour détecter la “maladie du foie gras” chez les personnes obèses

Des ultrasons pour détecter la “maladie du foie gras” chez les personnes obèses

À cause de la sédentarité et la malbouffe, près de huit millions de Français en surpoids seraient à risque de développer la maladie du foie gras, selon l’Inserm. Cette maladie (nommée stéatose hépatique non alcoolique ou NASH pour ces sigles en anglais) peut aboutir à une cirrhose ou à un cancer du foie. Et elle devient de plus en plus fréquente à cause de la montée en flèche de l’obésité dans le monde. Au point qu’elle devrait devenir la principale cause de transplantation du foie dans le futur proche. Pour le moment, la méthode la plus fiable pour déceler ces foies trop gras est la biopsie de l’organe, mais des dispositifs non invasifs pourraient éviter cette intervention dans le futur proche. Ces appareils, dont il existe une poignée de références, utilisent des ultrasons pour évaluer la rigidité du foie et ainsi estimer le niveau de fibroses et stéatose (excès de gras) dans cet organe, révélateur de son état. Et selon une étude publiée en octobre 2021, ils sont presque aussi précis que la biopsie pour détecter ces foies gras, même chez des personnes avec obésité morbide (IMC supérieur à 40 kg/m2).

Qu’est-ce que la maladie du foie gras ?

Une alimentation trop grasse ou trop sucrée entraîne l’accumulation de graisses à l’intérieur des hépatocytes qui composent le foie (stéatose). Ceux-ci grossissent et se déforment, pouvant mener à leur destruction. Cette mort cellulaire entraîne un processus de cicatrisation qui génère une accumulation de tissu fibreux dans le foie. Cette fibrose va ensuite rigidifier le foie, ce qui est détectable en analysant la vitesse à laquelle des ondes se propagent dans ce tissu : plus il est rigide, plus il y a de fibrose et donc plus les ondes se propagent rapidement. (La rigidification du foie est le signe de la destruction des cellules, laquelle empêche le bon fonctionnement de l’organe).

Les chercheurs de l’université de Vienne (Autriche) ont testé plus précisément le dispositif FibroScan (fabriqué par l’entreprise française Echosens, voir encadré) chez 170 patients obèses avec un indice de masse corporelle (IMC) moyen de 44,4 kg/m2. Ces résultats étaient ensuite confirmés par des biopsies. L’appareil à ultrasons est parvenu à prédire la rigidité du foie, et donc son niveau de fibrose et de stéatose, chez 90 % des sujets, mais ses prédictions devenaient imprécises chez ceux avec des IMC supérieures à 44,4 kg/m2 (l’obésité est à partir de 30, l’obésité morbide commence à 40.) Chez ceux avec des poids plus bas que cet IMC, la prédiction de stéatose hépatique non alcoolique (NASH) avait environ 83 % de précision.

Ultrasons vs biopsie

La biopsie est une intervention chirurgicale qui, comme toute chirurgie, entraîne des risques d’infection et d’hémorragie. En revanche, les dispositifs comme FibroScan sont aussi peu invasifs que les échographies pour les femmes enceintes : des ultrasons émis sur la surface de la peau permettent d’étudier l’intérieur du foie. Une technique donc plus sûre et facile que la biopsie. Cette étude montre que l’emploi de ces dispositifs à ultrasons, d’ores et déjà commercialisés et employés par les professionnels, pourrait faciliter le diagnostic de stéatose hépatique non alcoolique. D’autres évaluations sont nécessaires pour confirmer la précision de détection du foie gras chez les personnes avec des IMC très élevés, précisément ceux au plus grand risque de cirrhose ou cancer du foie.

Sciences et Avenir en parlait… il y a 20 ans !
Dès 2001, Sciences et Avenir s’était fait l’écho de la mise au point du dispositif français FibroScan (ici, Laurent Sandrin fondateur et directeur de la technique d’Echosens, avec le dispositif médical à ultrasons. Une publication qui a entraîné sa rencontre avec le designer Olivier Jeanjean. « Avec lui, nous avons conçu la forme de l’appareil pendant que nous mettions au point les cartes électroniques. En juillet 2003, il était terminé ».
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Sur l’image ci-dessus, Laurent Sandrin et son prototype. 20 ans après, le même avec le FibroScan d’aujourd’hui.

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