Connect with us

Du kérosène fait d’eau, d’air et de soleil

Sciences

Du kérosène fait d’eau, d’air et de soleil

Du kérosène fait d’eau, d’air et de soleil

Les réacteurs solaires (dont le reflet est visible dans le miroir) fournissent la chaleur nécessaire à la thermolyse de l’eau et du CO2 extraits de l’air ambiant, et ce afin de fabriquer des hydrocarbures.

Tels des alchimistes des temps modernes, des scientifiques sont parvenus à créer des hydrocarbures à partir… de l’air ambiant, et avec un petit coup de pouce du soleil. Leur « système de production solaire de combustible », présenté dans la revue Nature du 3 novembre, n’est certes qu’un prototype, mais il fonctionne tranquillement en conditions réelles sur le toit d’un laboratoire de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) et constitue une intéressante preuve de concept pour des développements ultérieurs, et pourquoi pas un jour la production à grande échelle d’hydrocarbures au bilan carbone neutre.

Le professeur Aldo Steinfeld et son équipe du Département de génie mécanique et des procédés de l’EPFZ ont mis au point un système de production organisé en trois parties. D’abord, une unité de capture directe d’air (DAC selon l’acronyme anglais) extrait le CO2 et la vapeur d’eau de l’air ambiant. Il s’agit d’un procédé connu mais complexe, tant le CO2 est rare dans l’atmosphère. La machine contient un sorbant (ici une solution à base d’amines) qui « adsorbe » l’air, autrement dit qui le fixe, comme un papier tue-mouche attrape les insectes.

Machine opérationnelle

Les scientifiques n’ont pas eu à chercher bien longtemps pour avoir une machine opérationnelle : elle est fabriquée à l’autre bout de la ville par la compagnie Climeworks, l’un des pionniers en matière de capture du CO2 atmosphérique. En tout, le DAC aspire 2 000 m² d’air par heure et en extrait chaque jour 8 kilogrammes de CO2 ainsi que 20 à 40 kg d’eau.

Dans un deuxième temps, l’eau (H2O) est « craquée », c’est-à-dire décomposée en dihydrogène (H2) et en dioxygène (O2) par thermolyse, ou dissociation thermochimique. L’énergie est fournie par deux réacteurs solaires qui, pour atteindre les plus de 2 000 degrés nécessaires, sont flanqués de deux grands miroirs paraboliques réfléchissants permettant de concentrer le rayonnement solaire de plusieurs ordres de grandeur. Le H2 ainsi obtenu est associé à du monoxyde de carbone (CO), obtenu quant à lui à partir de la thermolyse du CO2. L’ensemble forme alors du « syngas », ou gaz de synthèse. Ce dernier passe enfin dans la troisième unité, qui le convertit en hydrocarbures ou en méthanol.

Evidemment, les gros SUV zurichois devront patienter pour faire le plein : le système ne produit que 32 millilitres de méthanol en une journée avec sept heures d’ensoleillement. Mais la faisabilité technique du procédé sur lequel cette équipe travaille depuis plus de dix ans est désormais scientifiquement démontrée.

Il vous reste 23.42% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Continue Reading
You may also like...
Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

More in Sciences

Trending

On en parle

To Top
Recherche.fr