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En Indonésie, de nombreux enfants succombent au Covid laissant des parents effondrés

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En Indonésie, de nombreux enfants succombent au Covid laissant des parents effondrés

En Indonésie, de nombreux enfants succombent au Covid laissant des parents effondrés

Tirsa Manitik a donné naissance à sa première fille en juin. Mais elle l’a enterrée un mois plus tard, toute jeune victime du Covid en Indonésie où le taux de mortalité du virus est particulièrement élevé pour les enfants.

L’archipel d’Asie du Sud-Est affronte cet été sa vague la plus meurtrière depuis le début de la pandémie, laissant de nombreux parents et proches effondrés.

« Mon coeur est brisé, c’est une grande douleur », dit Manitik, 32 ans, dans un cimetière de Jakarta où avec son mari elle a éparpillé des pétales de fleurs pour former un coeur sur la tombe de sa fille.

« Elle me manque chaque jour ».

L’Indonésie affiche l’un des taux de mortalité les plus élevés au monde pour les enfants, selon l’association nationale des pédiatres et l’ONG Save the Children.

Tirsa Manitik (D) et Erik Alexander (G) sur la tombe de leur bébé décédé du Covid-19, à Jakarta le 1er août 2021 (AFP - BAY ISMOYO)

Tirsa Manitik (D) et Erik Alexander (G) sur la tombe de leur bébé décédé du Covid-19, à Jakarta le 1er août 2021 (AFP – BAY ISMOYO)

Quelque 400.000 Indonésiens de moins de 17 ans ont été infectés pendant la pandémie même si le faible nombre de tests et une transmission des données officielles peu consistante rend les comparaisons hasardeuses.

Le virus a fait plus de 1.200 victimes chez les enfants dans l’archipel, dont la moitié environ chez les moins de un an, avec une majorité des décès enregistrés en juin et juillet quand la vague était au plus haut, selon les données du ministère de la Santé et les experts.

La malnutrition, un manque de soins médicaux et un faible taux de vaccination expliquent en partie le phénomène.

Les parents exposent aussi involontairement les enfants au virus via des proches et des amis infectés.

Manitik et son mari, qui ont aussi un fils de 11 ans, se rappellent ainsi avoir reçu de nombreuses visites pour la naissance de la petite Beverly.

Mais la joie s’est rapidement transformée en angoisse quand la famille a commencé à être malade.

Et bientôt le bébé aussi est tombé gravement malade.

– pas de place à l’hôpital –

Un cimetière à Jakarta où sont enterrées des victimes du Covid-19 (AFP - BAY ISMOYO)

Un cimetière à Jakarta où sont enterrées des victimes du Covid-19 (AFP – BAY ISMOYO)

Alors que le nombre de cas de Covid s’envolait dans la capitale, Manitik a couru d’un hôpital à l’autre pour faire soigner son enfant.

Mais le système de santé de Jakarta était au bord de la rupture, certains hôpitaux traitaient les patients dans des tentes à l’extérieur par manque de place, les familles cherchaient des bonbonnes d’oxygène pour sauver leurs proches, et nombre d’Indonésiens mourraient chez eux livrés à eux-mêmes.

« J’étais désespérée quand les hôpitaux nous ont refusé l’entrée », a expliqué Manitik à l’AFP.

« J’avais aussi le virus, mais je devais me battre pour mon bébé ».

Finalement, un ami l’a aidée à trouver une place dans un hôpital.

Mais le bébé est mort en soins intensifs une semaine plus tard, quelques jours après le décès de son grand-père du même virus.

« Elle était très solide. Les docteurs prédisaient qu’elle ne pourrait survivre que trois jours, mais elle n’est s’est pas rendue si facilement ». Beverly s’est éteinte âgée de 29 jours.

Manitik vit à présent avec la douleur d’avoir perdu son enfant et la culpabilité d’avoir reçu sa famille.

« Nous étions si heureux de la naissance du bébé que nous nous sommes réunis dans ma maison ».

« Je ne veux pas accuser mes proches, parce que nous ne savons toujours pas d’où vient le virus ».

Les réunions familiales apparaissent comme un facteur important d’infection des enfants, dans un pays où les grands rassemblements sont communs.

« Parfois les parents agissent comme si les protocoles sanitaires s’appliquaient seulement aux adultes et pas aux enfants », souligne Hermawan Saputra de l’association indonésienne des experts en santé publique.

– « victimes cachées » –

Aux enfants qui succombent au Covid, s’ajoutent les milliers d’enfants devenus orphelins à cause du virus, souligne l’ONG Save the Children

Tirsa Manitik (G) et Erik Alexander (D) sur la tombe de leur bébé décédé du Covid-19, à Jakarta le 1er août 2021 (AFP - BAY ISMOYO)

Tirsa Manitik (G) et Erik Alexander (D) sur la tombe de leur bébé décédé du Covid-19, à Jakarta le 1er août 2021 (AFP – BAY ISMOYO)

« Jusqu’à présent les enfants ont été les victimes cachées de cette pandémie », souligne le conseiller pour la Santé de l’ONG en Asie Yasir Arafat. « Mais plus maintenant ».

L’accès des enfants à une bonne nutrition et aux vaccinations pour d’autres maladies s’est fortement réduit pendant la pandémie, tandis que la prévalence de l’obésité ou du diabète font peser un risque supplémentaire aux enfants indonésiens face au Covid, relèvent les experts.

L’Indonésie, où moins de 10% des 270 millions d’habitants sont entièrement vaccinés, a commencé le mois dernier à inoculer les enfants de 12 à 17 ans et les femmes enceintes.

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