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Entre les abeilles et les hommes, une fascination à éclipses

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Entre les abeilles et les hommes, une fascination à éclipses

Entre les abeilles et les hommes, une fascination à éclipses

Est-ce parce qu’elle donne le miel et la cire ? Ou parce que son organisation sophistiquée fait étrangement écho aux sociétés humaines ? A moins que ce ne soit à cause d’un caractère à la fois farouche et discipliné qui rend sa domestication incertaine, ou de sa manière de se poser au confluent du végétal et de l’animal. Protéiforme et teintée de mystère, la fascination qu’exerce l’abeille perdure depuis des millénaires, mais elle a connu des intermittences.

La trace la plus ancienne du long compagnonnage entre l’abeille et les hommes est une peinture rupestre remontant à cinq mille ans, découverte il y a tout juste un siècle près de Valence, en Espagne. En équilibre précaire au sommet d’un cordage, une frêle silhouette – peut-être celle d’une femme – encerclée par un nuage d’abeilles tient un panier. Son autre main est plongée à l’intérieur d’une petite cavité, au beau milieu de la colonie. Les cueilleurs de miel du début du néolithique avaient le cœur bien accroché.

Née des larmes du dieu solaire Rê

L’Egypte des pharaons invente des ruches en poteries d’argile ou en terre cuite, empilées horizontalement. Dans la basse vallée du Nil, l’abeille née des larmes du dieu solaire Rê tombées sur terre est le symbole royal. Son miel compose un breuvage que les jeunes mariés devront boire pendant trente jours (d’où la fameuse « lune de miel ») et participe de la pharmacopée ainsi que des rituels d’embaumement.

Les Grecs veulent percer les secrets de la très policée société des abeilles, dont l’habitat est toujours d’une propreté parfaite et que jamais l’on ne voit copuler. Aristote les consacre comme « divines » et confirme qu’elles se répartissent en trois castes : les ouvrières, les faux-bourdons (les mâles) et un roi. Pas question pour lui d’envisager que la ruche soit gouvernée par une reine ! A la tête de la colonie ne peut régner qu’un roi, puisque cette abeille plus grande que les autres et qu’entoure en permanence un cortège d’ouvrières est pourvue d’un dard. Or, fait valoir le philosophe grec, « la nature ne donne d’armes pour le combat à aucune femelle ». Mais alors, comment expliquer que ce roi ponde des milliers d’œufs ? Réduit aux conjectures, Aristote en vient à se demander si le souverain n’est pas hermaphrodite. A défaut de faire avancer l’entomologie, ses travaux consacrent la mystique de l’abeille, animal associé à une vision du monde.

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Trois siècles plus tard, Pline l’Ancien s’émerveille devant ces insectes, « les seuls à avoir été faits pour l’homme ». « Les abeilles, écrit-il dans son Histoire naturelle, extraient le miel, suc très doux, très léger et très salutaire ; fabriquent la cire qui a mille usages dans la vie, exécutent des ouvrages, ont une société politique (…) des chefs communs et ce qui est plus merveilleux, elles ont une morale. »

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