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Grotte Cosquer : les nouvelles découvertes d’un trésor archéologique en sursis

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Sciences

Grotte Cosquer : les nouvelles découvertes d’un trésor archéologique en sursis

Grotte Cosquer : les nouvelles découvertes d’un trésor archéologique en sursis

Sur les parois de la grotte Cosquer, on décompte 73 représentations de mains, essentiellement négatives. Un motif surreprésenté dans l’art pariétal.

Le ciel est bleu et la mer calme, ce matin de septembre, sur le port de la Pointe-Rouge dans le sud de Marseille. Sur le quai, trois hommes remplissent un caisson cylindrique de capteurs électroniques, d’appareils photo et scanner et de lampes-torches, puis le referment hermétiquement avec soin. Une fois la pression dans les bouteilles de plongée vérifiée, ils chargent le matériel à bord d’un puissant Zodiac qui prend aussitôt la mer. Direction le cap Morgiou, dans le parc national des Calanques, et la grotte Cosquer qui s’ouvre à ses pieds, seule cavité ornée au monde dont l’entrée se situe sous le niveau de la mer.

La Pointe de la Voile, au premier plan, au pied de laquelle s’ouvre la grotte, et le cap Morgiou. Cette zone de falaises abruptes, dans lesquelles se développe la cavité karstique, est interdite à la plongée et au mouillage.

Luc Vanrell, archéologue indépendant rattaché au Laboratoire méditerranéen de préhistoire Europe Afrique (Lampea), détaille les objectifs de cette mission organisée sous l’égide de la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) PACA : « Nous devons finaliser le relevé 3D de la cavité, effectuer des mesures sur le plan d’eau et surveiller l’état des parois ornées de peintures et gravures, menacées et corrodées par l’eau salée. » La sortie de ce matin a été reportée plusieurs fois pour cause de mauvaise météo. Par mer agitée et vent fort, l’accès à la cavité, noyé à 37 mètres de fond, devient trop dangereux. Bertrand Chazaly, topographe de la société Fugro chargé du relevé 3D, et Bruno Arfib, du Centre européen de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement (Cerege), qui étudie le fonctionnement hydraulique et climatologique de la grotte, complètent la palanquée.

Le topographe Bertrand Chazaly procède au relevé 3D de la cavité.

La traversée, de trente minutes environ, longe le paysage majestueux des hautes falaises de calcaire blanc du massif des Calanques et il n’est pas rare, sur le trajet, de croiser des thons ou des groupes de dauphins. A quelques encablures du cap Morgiou, long éperon rocheux qui s’avance dans la Méditerranée, Luc Vanrell, par radio, obtient des autorités maritimes l’autorisation d’entrer dans la zone de protection de la grotte Cosquer, d’un rayon de 300 mètres autour de la pointe de la Voile. Un arrêté préfectoral de 2013 y interdit tout mouillage et plongée. Parvenus sur le site, les trois chercheurs s’équipent, se mettent à l’eau et s’enfoncent dans la Grande Bleue, ne laissant derrière eux qu’une colonne de bulles d’air. Nous ne les reverrons que cinq heures plus tard, au retour de la mission.

Plongée dans la préhistoire

Arrivé au pied du tombant rocheux, Luc Vanrell ouvre, avec une lourde clé métallique en forme de croix, un portail en acier inoxydable bloquant l’accès à un étroit conduit, dans lequel se glisse l’équipage. Une main sur le câble qui sert de fil d’Ariane, l’autre sur le caisson étanche maintenu en équilibre, les scientifiques palment avec précaution dans le boyau qui remonte sur 116 mètres avec une pente de 30 degrés. Ce faisant, ils empruntent le même parcours que les chasseurs-cueilleurs du paléolithique supérieur, il y a trente mille ans, qui ont fréquenté et orné la grotte lors de la dernière période glaciaire.

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