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« Il faut une révolution pour le quatrième plan greffe »

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« Il faut une révolution pour le quatrième plan greffe »

« Il faut une révolution pour le quatrième plan greffe »

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Tribune. La greffe rénale est de loin le meilleur traitement pour les patients dont les reins ne fonctionnent plus. Par rapport à la dialyse, elle améliore fortement leur qualité et leur espérance de vie, et coûte aussi beaucoup moins cher. De façon logique, nos politiques publiques prônent depuis longtemps son développement.

Pourtant, bien que les principes éthiques et les règles qui président au prélèvement et à la greffe d’organes soient respectés, en dépit du rôle régulateur et promoteur de l’Agence de la biomédecine, les résultats se dégradent de façon dramatique. Les patients en attente voient leurs espoirs s’amenuiser et leurs vies leur échapper, tandis que les dépenses de santé s’envolent.

Le 3e plan greffe, qui s’achève cette année, est un échec, et l’était déjà bien avant la crise sanitaire. Il prévoyait 4 950 greffes rénales par an en 2021, mais leur nombre n’a jamais excédé 3 800, « record » atteint en 2017. Une dégradation encore amplifiée par l’épidémie de Covid-19 : un millier de greffes rénales en moins en 2020 (–31 %) et des perspectives 2021 préoccupantes.

Ce déclin a plusieurs causes : crise de l’hôpital public, financements théoriquement fléchés mais utilisés à d’autres fins par les directions hospitalières, ressources humaines insuffisantes, personnels dédiés contraints à exercer d’autres tâches, particularismes régionaux conduisant à des inégalités géographiques considérables. Trop souvent, le prélèvement et la greffe reposent sur un petit nombre d’individus de bonne volonté, et restent constamment menacés par le risque d’un départ ou d’un désengagement.

Malgré son statut de priorité nationale inscrit dans la loi en 2004, la greffe souffre en France d’une fragilité anormale. Alors qu’elle devrait être sanctuarisée et priorisée, elle fait partie des toutes premières activités sacrifiées dans les situations de tensions hospitalières.

D’autres pays font beaucoup mieux

L’Espagne est la « championne mondiale » du prélèvement sur donneurs décédés, avec 48,9 donneurs par million d’habitants (pmh) en 2019, contre 27,9 pmh en France. Les délais d’attente n’y excèdent pas quelques mois, alors qu’ils se comptent en années dans l’Hexagone. La Catalogne, meilleure région d’Espagne, atteint le taux impressionnant de 109,9 pmh, quatre fois supérieur à celui de la France, sans aucune dégradation de qualité : les résultats des greffes catalanes et françaises sont analogues.

De son côté, le Royaume-Uni a développé fortement le don de rein du vivant, qui y représente 30 % des transplantations rénales, contre seulement 14 % en France.

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