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Infection bactérienne contre génie génétique du moustique : deux voies possibles contre la dengue

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Infection bactérienne contre génie génétique du moustique : deux voies possibles contre la dengue

Infection bactérienne contre génie génétique du moustique : deux voies possibles contre la dengue

Un biologiste brésilien de l’institut Oswaldo Cruz manipule des boîtes contenant des moustiques « Aedes aegypti » infectés par la bactérie Wolbachia, à Rio de Janeiro, le 2 octobre 2014. Les moustiques, une fois libérés, devraient rapidement infiltrer la population d’insectes et stopper la propagation de la maladie de la dengue.

Modifier la constitution physiologique des moustiques vecteurs de maladies pour lutter contre leur transmission : depuis une vingtaine d’années, deux stratégies sont étudiées, des paillasses aux essais en pleine nature. « Jusqu’à présent, les insecticides constituaient l’outil de lutte principal. Mais force est de constater qu’on a atteint les limites de leur utilisation : d’une part parce que ces molécules toxiques finissent dans l’environnement et les chaînes alimentaires, d’autre part parce que les moustiques développent rapidement des résistances », explique Frédéric Simard, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Ce spécialiste accueille donc avec intérêt ces « deux techniques nouvelles » de lutte anti-moustiques.

La première consiste à relâcher des moustiques rendus porteurs d’une bactérie nommée Wolbachia, présente naturellement dans deux espèces d’insectes sur trois, et qui a pour effet soit de les empêcher de transmettre le virus de certaines pathologies, soit de supprimer des populations de moustiques. Même si le mécanisme exact des interactions hôte-parasite n’est pas entièrement élucidé au niveau moléculaire, plusieurs essais de cette technique ont été menés ou sont en cours dans le monde.

L’autre méthode consiste à intervenir directement dans le génome des moustiques pour le modifier, et lui conférer des propriétés inédites. Les scientifiques de la société américano-britannique Oxitec, par exemple, sont parvenus à faire porter aux mâles de l’espèce Aedes aegypti (qui peut transmettre à l’humain différents virus, dont la dengue) un gène « auto-limitant » : lorsque ceux-ci, une fois relâchés, fécondent des femelles, les descendants femelles périssent. Les jeunes mâles, eux, survivent et, par le jeu de la génétique mendélienne, transmettent ce même gène à la moitié de leur descendance mâle.

Et comme seules les femelles Ae. aegypti piquent les humains, cette méthode, qui limite la prolifération de ces dernières, réduit aussi l’incidence des maladies qu’elles véhiculent. Seul hic : la transmission du gène « auto-limitant » s’amenuise aussi avec le temps, forçant alors à de nouveaux lâchers de mâles modifiés.

Critiques

Oxitec, qui se targue d’être leader mondial dans la production d’insectes génétiquement modifiés, a déjà mené plusieurs expériences, notamment au Brésil en 2014, avec une version plus primitive de ses moustiques. Cet essai a d’abord été critiqué notamment par crainte que les scientifiques perdent le contrôle de l’altération génétique effectuée. En 2021 pourtant, avec sa deuxième génération de moustiques transgéniques, la société a décroché un gros contrat pour lancer ses escouades de diptères en Floride, mais non sans résistance de la population.

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