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« La Fabrique de l’astronaute », de Julie Patarin-Jossec : les spationautes à ras de terre

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« La Fabrique de l’astronaute », de Julie Patarin-Jossec : les spationautes à ras de terre

« La Fabrique de l’astronaute », de Julie Patarin-Jossec : les spationautes à ras de terre

L’astronaute David Wolf, à l’extérieur de l’ISS, en 2002.

On pense souvent que ce qui différencie l’astronaute du commun des Terriens est son expérience extraterrestre. Il n’en est rien. Nombre d’entre eux n’ont toujours pas quitté la Planète bleue, comme le souligne Julie Patarin-Jossec dans sa remarquable Fabrique de l’astronaute. Mais alors, si ce n’est le vol, qu’est-ce qui fait l’astronaute ? Pour répondre, la sociologue a mené pendant quatre ans une vertigineuse enquête auprès des membres des cinq agences spatiales responsables de la Station spatiale internationale (ISS). Elle s’est rendue en Allemagne, au Canada, au Japon ou encore en Russie, pour rencontrer des astronautes, mais aussi tous ceux qui œuvrent à la lumière des écrans : opérateurs en centre de contrôle, scientifiques, ingénieurs… Cette vaste collecte de matériaux lui a permis d’effectuer des comparaisons entre les deux plus gros partenaires de l’ISS, les Etats-Unis et la Russie, et d’analyser leur influence sur les plus modestes, dont les Européens. Le résultat est à la hauteur du sujet.

Méthodes d’entraînement russes

Sans surprise, qu’ils viennent de l’Est ou de l’Ouest, les astronautes sont d’abord des hommes – bien plus souvent que des femmes – ayant brillamment passé les tests médicaux, physiques et psychologiques. Les Américains et les Européens sont majoritairement des pilotes, notamment de chasse ; les Russes, plutôt des ingénieurs ou des scientifiques. Si chacun suit des entraînements dans les centres de tous les pays partenaires de l’ISS, celui de la Cité des étoiles, près de Moscou, prime sur les autres.

Or, écrit Julie Patarin-Jossec, « former l’astronaute, c’est avant tout lui inculquer des valeurs et des normes ». Qu’importe sa nationalité, il va suivre les méthodes d’entraînement russes. Inchangées depuis plusieurs décennies, celles-ci sont souvent éprouvantes, comme l’isolation en privation de sommeil ou le stage de survie, l’été en pleine mer et l’hiver en Sibérie. Etonnamment, les non-Russes acceptent sans (trop) sourciller ces tests, car « cela crée du lien social entre membres d’un même équipage », tout en inculquant le sens du devoir, la soumission et la conscience du danger. Mais l’influence de la Russie ne s’arrête pas là. Les jours précédant le décollage depuis Baïkonour, au Kazakhstan, sont marqués par des rituels à la gloire de Youri Gagarine (1934-1968), ce qui aboutit, note la sociologue, à « une internationalisation progressive du récit national russe ».

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