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La météorite de Chassigny, un caillou venu de Mars

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La météorite de Chassigny, un caillou venu de Mars

La météorite de Chassigny, un caillou venu de Mars

Un morceau de 5 cm et de 205 g de la météorite de Chassigny. Près de 4 kg sont tombés sur Terre en 1815, dont 3 kg ont disparu.

« Ici, prévient Matthieu Gounelle, professeur au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et responsable de l’équipe de cosmochimie, on ne mélange pas les torchons et les serviettes. » On a beau être dans une salle de préparation d’échantillons du laboratoire de minéralogie, pas la moindre trace d’un caillou issu de notre bonne vieille Terre. La hotte à flux laminaire, les différentes scies pour couper les pierres, le microscope binoculaire, le four, les balances, tout ce matériel est réservé aux météorites : « On essaie de garder une frontière étanche entre les deux univers, les roches terrestres et les extraterrestres. On ne veut pas qu’elles se contaminent les unes les autres. »

La collection de rocs chus du ciel est conservée dans la pièce adjacente à température contrôlée, où l’on trouve une « armoire sèche » dont le taux d’humidité ne dépasse pas 3,5 %. C’est de là que, muni d’un gant, Matthieu Gounelle extrait cette drôle de pierre à la croûte de fusion sombre et patinée, qui garde à sa surface un numéro 37 apposé au XIXe siècle avec une peinture rouge indélébile. Voici la météorite de Chassigny, du nom de cette bourgade de Haute-Marne où elle est tombée et a été retrouvée en 1815.

C’est un médecin – et donc forcément homme de science… –, le docteur Pistollet, qui, accouru sur les lieux depuis Langres où il exerce, passe à la postérité en narrant les événements. Un récit que l’on retrouve dans les Annales de chimie et de physique, publiées en 1816 : « Le 3 octobre dernier, environ à huit heures et demie du matin, le temps étant légèrement clair et serein, le vent d’est soufflant très légèrement, on entendit dans la commune de Chassigny et les villages environnants, à une distance de trois et quatre lieues, un bruit qui paraissait être dû à de nombreuses décharges de mousqueterie, entremêlées de gros coups de canon. Ce bruit (…) durait déjà depuis quelques minutes lorsqu’un homme travaillant dans une vigne (…), entendant un sifflement semblable à celui d’un boulet, vit tomber à environ 400 mètres de lui un corps opaque dont s’échappa une épaisse fumée. »

Trois kilos volatilisés

Le paysan découvre dans un champ un trou d’un demi-mètre de diamètre ainsi que des morceaux d’une roche qui lui semble curieuse. « Ayant ramassé un de ces fragments, il le trouva chaud comme s’il eut été exposé à un fort soleil, poursuit le docteur Pistollet. Il le rapporta au village, où bientôt, ce fait s’étant répandu, d’autres habitants allèrent ramasser ces pierres. Arrivé dans ce village le surlendemain, et m’étant fait représenter une de ces pierres, j’eus bientôt reconnu un aérolithe. »

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