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La minéralogie mexicaine à Paris

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La minéralogie mexicaine à Paris

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L’exposition. Placé à la jonction des plaques nord-américaine, Caraïbes, Pacifique et des Cocos, le Mexique a hérité d’un vaste patrimoine géologique. Roches, pierres précieuses, minerais ou métaux… la région qu’il occupe cache dans son sous-sol une large variété de minéraux. Nombreux sont ceux qui y ont été décrits pour la première fois. La seule mine de Ojuela, dans l’Etat du Durango, en renfermerait 149 espèces différentes dont certaines, comme des cristaux d’arséniate de zinc, adamite ou legrandite, sont de qualités et de dimensions inédites.

Par un parcours illustré de magnifiques pièces issues, pour la plupart, des collections minéralogiques et archéologiques de Sorbonne Université et du Muséum national d’histoire naturelle, une étonnante exposition propose d’explorer, à l’occasion des 700 ans de la fondation de Mexico-Tenochtitlan (et du 500e anniversaire de sa chute en 1521), cette relation méconnue entre monde minéral et civilisations.

Ces richesses souterraines influencent l’histoire du Mexique, depuis les débuts de la civilisation olmèque, voici 3500 ans. Perçus par les premières cultures mésoaméricaines comme de nature sacrée au même titre que les animaux et les végétaux, des pierres colorées et des roches sont alors incluses dans la fabrication des offrandes qui sont enfouies sous les temples. Jade-jadéites, turquoises, obsidiennes ou encore micas… elles participent, tout comme celles décorant les parures de valeur purement symbolique, à entretenir la « marche du monde ».

Commerce transatlantique

Dès les premières expéditions, Cortès et ses conquistadors constatent que les Indiens maîtrisent la métallurgie et savent extraire et transformer l’or, l’argent, le cuivre et l’étain. Ils les forcent à travailler dans des mines, des grandes « flottes d’argent » amorçant le commerce transatlantique. La proclamation d’indépendance, en 1821, ouvrira un autre chapitre de cette aventure minérale qui va alors suivre le développement économique et industriel du pays. En 1876, le président Porfirio Diaz Mori (1830-1915) qui entend impulser une « colonisation » des Etats du Nord désertiques, autorise des compagnies étrangères à venir exploiter des gisements. Les conditions de travail y sont déplorables et, en 1910, les mineurs prennent les armes, marquant le début de la Révolution qui durera jusqu’en 1920.

De nos jours, le Mexique qui est aussi connu pour avoir été en 1969 le point de chute de la célèbre météorite d’Allende, un fait rappelé dans l’exposition, reste la terre promise des minéralogistes. Des minéraux rares comme le moctezumite, le bambollaite et la xocolatlite, tous trois à base de tellure, y sont régulièrement mis au jour. Certains d’eux, boleite et cumengeite, ont servi par le passé à mettre en évidence des phénomènes de croissance des cristaux telle l’« épitaxie », exploité dans la fabrication des puces électroniques. Enfin, ses lacs de cratères de volcans continuent à attirer les spécialistes des « microbialites », ces roches formées par l’intermédiaire de micro-organismes et connues pour avoir abrité, voici 3,5 milliards d’années, les premiers êtres vivants.

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