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La mort du paléontologue kényan Richard Leakey, « plus grand découvreur de fossiles de tous les temps »

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La mort du paléontologue kényan Richard Leakey, « plus grand découvreur de fossiles de tous les temps »

La mort du paléontologue kényan Richard Leakey, « plus grand découvreur de fossiles de tous les temps »

Richard Leakey à Nairobi, au Kenya, le 27 juin 2018.

Il était de ces personnages « bigger than life », propres à inspirer un film hollywoodien – Angelina Jolie en a même eu le projet. Richard Leakey, coureur de brousse, organisateur de safaris-photos, paléoanthropologue sans diplôme, multimiraculé de la médecine, combattant implacable des braconniers tueurs d’éléphants, opposant politique et ministre kényan, est mort, dimanche 2 janvier, à l’âge de 77 ans.

Né le 19 décembre 1944 à Nairobi, Richard Leakey a littéralement été biberonné aux fossiles. Son père Louis et sa mère Mary figurent parmi les plus grands paléoanthropologues de leur temps, et l’intrépide est sommé de « trouver des os » lorsqu’il se montre trop turbulent sur leurs chantiers de fouilles. Mais le jeune Richard entend tracer sa voie. Il sera d’abord organisateur de safaris, avant que l’atavisme ne le rattrape. Il passe donc par Londres pour redorer son CV, mais met fin à l’expérience avant d’obtenir le moindre parchemin.

Qu’importe s’il se sent snobé par les chercheurs académiques, sur le terrain ou depuis le ciel, il n’a pas son pareil avec son bras droit Kamoya Kimeu pour dénicher des sols fertiles en ossements anciens. Les découvertes de leur « hominid gang », où il faudrait aussi compter sa seconde épouse Meave et plus tard sa fille Louise, s’enchaînent. En Ethiopie, son équipe trouve le plus ancien Homo sapiens de l’époque (160 000 ans). Puis il investit les abords du lac Turkana, au Kenya, et collectionne les crânes : Paranthropus boisei (1969) ; Homo rudolfensis (1972) ; Homo erectus (1975 et 1978).

La reconnaissance de ses pairs

Le voilà bientôt propulsé à la direction des Musées nationaux du Kenya, tête de pont pour la majorité des expéditions paléontologiques dans la région. La découverte la plus marquante sera peut-être celle de « Turkana Boy » en 1984 par Kamoya Kimeu, un erectus adolescent étonnamment complet de 1,6 million d’années, bientôt suivie de celle d’Australopithecus ou Paranthropus aethiopicus (2,5 millions d’années).

Ce palmarès lui vaut la reconnaissance de ses pairs. « Il est le plus grand découvreur de fossiles de tous les temps », estimait Yves Coppens. « Le porte-drapeau de notre discipline », ­selon Sonia Harmand, archéologue découvreuse des plus vieux outils de l’humanité dans le Turkana. D’autres, tel Martin Pickford (Muséum ­national d’histoire naturelle, MNHN), sont moins louangeurs : il voit la main de Leakey dans les cinq jours passés en prison pour fouilles illégales en 2000 après la découverte, lors d’une mission franco-kényane dirigée par Brigitte Senut (MNHN), d’Orrorin tugenensis, un fossile vieux de presque 6 millions d’années.

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