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La pandémie a entraîné un net ralentissement des transplantations d’organes

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La pandémie a entraîné un net ralentissement des transplantations d’organes

La pandémie a entraîné un net ralentissement des transplantations d’organes

Un rein provenant d’un donneur vivant apparenté est conservé dans un container isotherm avant transplantation, au CHU de Bordeaux, en novembre 2020.

C’est un dégât collatéral de plus de la pandémie de Covid-19 pour les autres malades, et pas des moindres. L’activité de transplantation d’organes a chuté de près de 16 % en 2020 (et même 31 % durant la première vague), occasionnant plus de 48 000 années de vie perdues, estime une étude menée dans 22 pays, publiée en ligne le 31 août dans la revue The Lancet Public Health. Les résultats de ce travail international, coordonné par le professeur Alexandre Loupy (néphrologue, directeur du Centre de recherche translationnelle pour la transplantation d’organes de Paris, Inserm), sont présentés conjointement au congrès de la Société européenne de transplantation, à Milan (Italie).

Domaine très encadré de la médecine, les transplantations se caractérisent par leur haute technicité, et l’importante chaîne de personnel qu’elles mobilisent, du prélèvement jusqu’à la pose du greffon. Pour évaluer l’impact de la pandémie sur cette activité de pointe, les chercheurs ont comparé le nombre de greffes d’organes (rein, foie, cœur et poumon) de l’année 2020 à celle de l’année précédente, 2019, dans 22 pays : 16 en Europe, 2 en Amérique du Nord (Canada et Etats-Unis), 3 en Amérique du Sud (Argentine, Brésil et Chili), et le Japon. Au total, dans ces pays qui représentent environ 62 % de l’activité mondiale de transplantation, le nombre de greffes a baissé de 16 % en 2020 (− 11 253 par rapport à 2019), alors qu’il augmente habituellement d’année en année, de 5 % à 10 %. « C’est surtout pendant la première vague que les activités de transplantation ont chuté drastiquement, mais elles ne sont pas encore revenues à la normale et il faudra pour cela sans doute plusieurs années », souligne le professeur Loupy.

Les greffes de rein, qui peuvent être différées grâce à la dialyse, ont été les plus touchées (− 19,1 %), ainsi que celles de poumon et de foie à un moindre degré (respectivement − 15,5 % et − 10,5 % ). Les transplantations cardiaques, considérées comme des urgences immédiates, ont enregistré un moindre recul (− 5,5 %). Pour les patients en attente de greffe d’organes, les conséquences ont été importantes puisque le débrayage de l’activité a entraîné au total, dans ces 22 pays, quelque 48 239 années de vie perdues, dont 37 664 pour les malades du rein.

29 % de greffes en moins en France

Les auteurs relèvent par ailleurs de grandes disparités entre pays, qu’ils classent en trois catégories : ceux où l’activité de transplantation a chuté nettement alors même que le nombre de décès dus au Covid était peu élevé (Argentine, Japon et Chili), ceux où elle a baissé de façon concomitante aux décès par Covid (la majorité des pays dont la France, l’Espagne, le Royaume-Uni) et, enfin, ceux où l’activité de transplantation a relativement peu diminué alors même qu’ils étaient très touchés par l’épidémie (Etats-Unis, Italie, Suisse, Slovénie et Belgique). Ainsi, aux Etats-Unis, pays qui réalise le plus grand nombre de transplantations dans le monde, l’impact de la crise a été moindre (− 4,1 % d’actes sur 2020). En France, l’activité de greffe a connu une des baisses les plus importantes (− 90 %) pendant les premières semaines de la pandémie et ce, même dans les régions initialement peu touchées par le virus SARS-CoV-2. Puis des mesures ont été prises, et sur l’ensemble de 2020 la diminution est de 29 % (− 1 410 actes), avec une réduction de plus d’un tiers pour les greffes de rein.

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