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« La science en contexte pandémique : douter mais agir »

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« La science en contexte pandémique : douter mais agir »

« La science en contexte pandémique : douter mais agir »

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Tribune. Dans leur tribune du Monde en date du 22 décembre 2021, les philosophes Bernadette Bensaude-Vincent et Gabriel Dorthe plaident éloquemment pour « une enquête sur le statut des énoncés scientifiques dans les technosciences actuelles » et pour une écoute attentive de la manière dont les réfractaires à la vaccination construisent leur discours et sa signification. Sur le premier point, ils rappellent fort justement que la science n’est pas immunisée contre des conflits d’intérêts souvent mal encadrés, qu’elle est soumise à une pression compétitive qui peut engendrer la fraude et que le culte de l’innovation et les financements qui lui sont associés peuvent conduire des chercheurs à survendre les résultats de leur recherche.

A propos des antivax, ils s’opposent avec raison à leur stigmatisation dans la catégorie de fous ou de crédules, faisant valoir qu’ils ont eux aussi un système de valeurs relatif à leur corps, à la science, au pouvoir et à la manière de faire monde commun. Il est cependant dommage que l’argumentation des deux auteurs de la tribune soit doublement affaiblie, en premier lieu par l’occultation de la nécessité de l’action en contexte pandémique et, en second lieu, par le recours à un artifice rhétorique bien connu qui consiste à transformer en épouvantail ce que l’on veut dénoncer.

Considérons tout d’abord la nécessité d’agir. Même le polémologiste le plus brillant doit abandonner la pure réflexion théorique au profit de l’action quand il se trouve sur la ligne de front. Il en va de même avec les scientifiques qui, face à l’urgence sanitaire, doivent conseiller au pouvoir politique des mesures de protection de la population, même quand celles-ci ne sont pas la panacée.

Ainsi, alors que toutes les données disponibles confirment que les vaccins ont un effet protecteur relatif (diminution du risque de contamination, sauf peut-être pour le dernier variant, formes de la maladie moins graves, décès moins nombreux) et réduisent le risque d’une saturation des hôpitaux, il est normal que scientifiques et politiques œuvrent de concert pour tenter de convaincre les 5 à 6 millions de Français non vaccinés qu’il est de l’intérêt général qu’ils cessent leur sécession vaccinale.

Malheureusement, dans l’urgence, il est difficile d’exercer une telle pression – qui ne devrait jamais être culpabilisante et encore moins méprisante – sans adopter des mesures perçues à juste titre comme discriminatoires (passe sanitaire et vaccinal) et attentatoires aux libertés individuelles. Mais dans l’intérêt de la construction d’un monde commun, il est parfois nécessaire, dans des circonstances dramatiques, d’oublier provisoirement les intérêts particuliers au profit de ceux de la population tout entière.

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