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La sélection du jury commence dans le procès très médiatique de la fondatrice de Theranos

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La sélection du jury commence dans le procès très médiatique de la fondatrice de Theranos

La sélection du jury commence dans le procès très médiatique de la fondatrice de Theranos

Elizabeth Holmes, ancienne star de la Silicon Valley qui promettait de révolutionner les tests sanguins avec sa start-up Theranos, assistait mardi au tribunal de San José à la sélection du jury qui devra déterminer si elle s’est rendue coupable d’une fraude massive.

Vêtue de noir — sa couleur et celle de son idole Steve Jobs, le défunt patron-fondateur d’Apple –, elle a pris place dans le tribunal californien où son procès pourrait durer jusqu’à quatre mois.

Elizabeth Holmes a lancé Theranos en 2003, à 19 ans. L’entreprise prévoyait de produire à grande échelle des outils de diagnostic plus rapides et moins chers que ceux des laboratoires traditionnels, grâce à des méthodes censées permettre jusqu’à 200 analyses à partir de quelques gouttes de sang.

Mais les machines n’ont jamais fonctionné. Et selon le parquet, l’ex-entrepreneuse a menti aux investisseurs, médecins et patients pour lever des fonds — plus de 700 millions de dollars en tout.

Elle risque jusqu’à 20 ans de prison pour les onze accusations qui pèsent contre elle — neuf de fraudes et deux pour association de malfaiteurs. Les procureurs estiment en effet qu’elle s’est entendue avec Ramesh « Sunny » Balwani, son ancien chef des opérations — et son amant pendant un temps.

Les deux dirigeants doivent être jugés séparément.

« L’accusée est présumée innocente. Il revient à l’Etat de prouver la réalité de ces accusations sans aucun doute possible », a déclaré le jude Edward Davila aux jurés potentiels.

– Sans préjugés? –

Les journées de mardi et mercredi doivent être consacrées à la sélection de douze d’entre eux. Les débats entreront dans le vif du sujet le 7 septembre.

John Cline (deuxième personne en partant de la gauche), l'avocat d'Elizabeth Holmes, patiente au tribunal de san Jose avant la sélection du jury (AFP - Nick Otto)

John Cline (deuxième personne en partant de la gauche), l’avocat d’Elizabeth Holmes, patiente au tribunal de san Jose avant la sélection du jury (AFP – Nick Otto)

L’avocat en charge de la défense, Kevin Downey, entend choisir des personnes qui n’ont pas suivi de près l’affaire relayée dans les détails par la presse depuis sa révélation par le Wall Street Journal fin 2015.

Mais mardi matin, la plupart des personnes convoquées ont mentionné avoir lu un titre ou un article, vu un documentaire ou même lu un livre sur le sujet, comme celui de John Carreyrou, ancien journaliste du quotidien financier américain.

Le juge leur a demandé à chacun s’ils pensaient pouvoir évaluer les faits sans préjugés. Ils ont assuré que oui.

En matière de preuves, le jury devra cependant se fonder essentiellement sur des témoignages.

La base de données du laboratoire de Theranos a bien été remise sur un disque dur au gouvernement en août 2018, mais l’entreprise a ensuite été démantelée, ainsi que ses serveurs, rendant impossible la lecture de la copie.

Sur la liste de potentiels témoins, on trouve des noms connus, comme l’ancien secrétaire d’Etat Henry Kissinger, l’ancien ministre de la Défense James Mattis, qui ont fait partie du conseil d’administration de Theranos, ou encore le magnat des médias Rupert Murdoch.

– Une première pour la Silicon Valley –

Des patients victimes d’analyses défectueuses pourraient également être appelés à la barre, pour raconter comment ils ont vécu de mauvais diagnostics de cancer, de sida ou encore de grossesses.

Elizabeth Holmes face aux caméras mardi 31 août au tribunal de San Jose (AFP - Nick Otto)

Elizabeth Holmes face aux caméras mardi 31 août au tribunal de San Jose (AFP – Nick Otto)

Elizabeth Holmes elle-même pourrait décider de s’exprimer. D’après des documents juridiques, elle prévoit de plaider que son associé et ex-petit ami, de 19 ans son aîné, la contrôlait et abusait d’elle psychologiquement.

Mais pour John Carreyrou, « d’après toutes les interviews que j’ai réalisées pour mon livre et mon podcast, il est clair qu’ils dirigeaient cette entreprise — et l’éventuelle fraude dont ils sont accusés — comme un couple de partenaires », déclarait-il début juillet à la chaîne américaine CNBC.

Elizabeth Holmes a connu une chute d’autant plus brutale que sa fortune était évaluée à 3,6 milliards de dollars par Forbes en 2014. C’était alors la plus jeune milliardaire n’ayant pas hérité de sa fortune.

« Jusqu’à présent, la Silicon Valley n’a jamais payé pour tous ses méfaits », a commenté pour l’AFP Vivek Wadhwa, ancien professeur de l’école de droit de Harvard et expert de la saga Theranos.

« Donc le fait qu’elle puisse se retrouver en prison en fait une affaire très importante, parce que ce n’est jamais arrivé auparavant. Personne n’est allé en prison pour les dégâts causés par une technologie. Et cette technologie a causé des torts. »

Le procès a été retardé à plusieurs reprises, notamment parce que l’accusée a accouché début juillet.

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