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La super Super Glue des moules enfin expliquée

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Sciences

La super Super Glue des moules enfin expliquée

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Zoologie. L’eau et le feu ne font pas bon ménage, c’est bien connu. Mais l’eau et la colle, pas davantage. Quand, circonstance aggravante, l’eau se trouve remplie de sel et agitée de violents courants, lui résister des mois, voire des années, tient de l’exploit, du moins pour les chimistes, qui s’escriment depuis toujours à perfectionner les adhésifs.

Pour la moule commune, en revanche, rien de plus naturel. Le mollusque a même trouvé bon de vivre dans ce que les scientifiques nomment la zone « intertidale », ces quelques mètres battus par les vagues. Il s’y accroche à un rocher et peut tenir là une petite dizaine d’années.

Bijou bio-adhésif

Par quel miracle ? Depuis cinquante ans, des dizaines d’équipes à travers le monde se sont penchées sur la question. Elles ont décrit la façon dont la moule crée un vide dans une aspérité rocheuse, y déverse une mousse collante, le byssus, puis en pompe le liquide pour laisser une pelote de filaments adhésifs de la taille d’un cheveu jouer les fixateurs.

Ces scientifiques ont aussi analysé ce byssus, mis en évidence les protéines qui le constituent, leur organisation si particulière et le rôle spécifique d’un acide aminé surnommé « DOPA », qui offre à l’écheveau résistance et souplesse. Deux propriétés encore enrichies par l’intégration de particules ferriques, ont montré, il y a dix ans, Matthew James Harrington et ses collègues du département de chimie de l’université McGill, à Montréal.

Le travail semblait accompli. Au point que la plupart des milliers de publications scientifiques dans le domaine s’employaient à tenter de reproduire le bijou bio-adhésif, avec en tête des rêves de brevets et de dollars.

Pourtant dans la revue Science du 8 octobre, l’équipe canadienne vient de pousser d’un cran la compréhension du phénomène. D’abord elle a constaté que, à côté du fer, le byssus recelait aussi du vanadium, un métal rare, utilisé dans l’industrie pour ses propriétés d’extrême résistance.

« Mais, dans la nature, très peu d’organismes l’utilisent, moins encore pour fabriquer des matériaux, indique Matthew Harrington. Il y a un genre de ver marin, un type de champignon et les ascidies. Trouver du vanadium a été notre grande surprise. » La stupeur passée, son équipe a montré, dans un travail parallèle, que ledit métal multipliait par deux la force de cohésion du mélange.

Une description rigoureuse

Pour Pascal Jean Lopez, directeur de recherche au CNRS (MNHN) et spécialiste de biologie marine, « le plus remarquable est la description, rigoureuse et particulièrement subtile, de la façon dont les différents éléments s’intègrent ».

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