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La Vénus de Lespugue, star de la préhistoire

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La Vénus de Lespugue, star de la préhistoire

La Vénus de Lespugue, star de la préhistoire

Vénus de Lespugue, Grotte des Rideaux, Lespugue, Haute-Garonne (France). Pléistocène supérieur (Paléolithique supérieur/Gravettien). Ivoire de mammouth. 14,6 × 5,7 × 3,5 cm. Fouilles de René de Saint-Périer et don, 1922.

Il y a, au Musée de l’homme, une pièce dont on ne révélera pas la localisation. Une salle aux « trésors » où sont conservées quelques-unes des « reliques » les plus emblématiques de l’histoire de l’humanité. Et dans ce saint des saints scientifique et profane, une boîte contenant une petite sculpture en ronde-bosse, de moins de 15 centimètres, taillée dans de l’ivoire de mammouth et si délicate à manipuler qu’on ne la sortira pas de son écrin, même pour examiner son verso – et satisfaire la curiosité du journaliste. Elle est en cours de restauration, la Vénus de Lespugue, du nom de cette commune de Haute-Garonne où elle a été trouvée il y a presque un siècle et qu’elle a rendue célèbre dans le monde entier.

« Elle est très fragile, assure le préhistorien Patrick Paillet, maître de conférences au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), qui commente la présentation. Elle se délamine suivant la structure même de l’ivoire et ses infimes fractures qui correspondent aux zones d’évolution de la matière quand l’animal était vivant. » Dans la description – publiée dans la revue L’Anthropologie – qu’il en fait rapidement après avoir mis au jour la dame de Lespugue, son découvreur, René de Saint-Périer (1877-1950), écrit d’ailleurs : « La fragilité de la statuette était si grande, au moment de la découverte, que des écailles d’ivoire se détachaient de sa surface au moindre contact. »

Comte de son état, mais aussi archéologue et préhistorien, René de Saint-Périer explore le coin depuis plusieurs années. « On se trouve dans le piémont pyrénéen, resitue Patrick Paillet, dans la vallée de la Save, qui incise un plateau calcaire. La falaise est truffée de grottes et d’abris dont la grotte des Rideaux, appelée ainsi à cause de sortes de draperies stalagmitiques. René de Saint-Périer a découvert ce site en 1911, il y a fouillé jusqu’à la première guerre mondiale et il reprend les travaux en 1922 », avec son épouse Suzanne et quelques ouvriers.

Cassée par un coup de pioche

Nous sommes le 9 août 1922, presque à la fin de la campagne de fouilles. Dans une semi-obscurité, le fond de la grotte des Rideaux est encombré de gros blocs de pierre qui se sont éboulés sur une terre noire de foyer. En ces temps héroïques de l’archéologie, l’heure n’est pas au dégagement mesuré au pinceau ou à l’outil de dentiste, « mousse et pampre », comme disait Bernard Blier dans Les Tontons flingueurs. Non, on y va franco. Et vlan !

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