Connect with us

L’abeille « Apis mellifera », insecte sacré et divin

7JtKUv

Sciences

L’abeille « Apis mellifera », insecte sacré et divin

L’abeille « Apis mellifera », insecte sacré et divin

Il ne serait pas impossible que les dieux éprouvent un faible pour l’abeille. Nul autre animal ne s’est prêté avec autant de zèle au délicat exercice de leur communication avec les hommes. Apis mellifera apparaît à ce point universelle qu’aucune croyance n’a tenté de s’arroger pour elle seule son incomparable aptitude à susciter la parabole. Devant l’Eternel, pas de jaloux ; toutes les religions, monothéistes ou non, sont allées butiner dans la ruche du sacré.

Messagère aux manifestations souvent spectaculaires, l’abeille peut entretenir des rapports filiaux avec le divin. La légende des Celtes raconte que la déesse mère Henwen, qui se présente sous l’apparence d’une truie, donne naissance, entre autres, à un grain de blé et à une abeille pour les mettre au service des humains. Dans la mythologie grecque, la nymphe Mélissa (qui signifie abeille) découvre le miel dont elle s’empresse de nourrir le tout jeune Zeus. Plus tard, celui-ci mélangera cette douce substance à un vomitif qui forcera son père Cronos à régurgiter les enfants qu’il avait dévorés.

Comme l’insecte mellifère porte aussi l’âme des défunts, Platon, qui s’interroge sur la réincarnation, est persuadé que ceux qui « se sont adonnés à la vertu sociale et physique » renaîtront sous cette forme. Chez les Mayas, plusieurs dieux prennent l’apparence de la mélipone, cette petite abeille d’Amérique centrale aux yeux bleus qui ne pique pas et produit un excellent miel.

svg%3E

Le miel, justement, dont l’élaboration recèle bien des mystères, contribue pour beaucoup au charisme de l’abeille même si, lorsque Dieu dévoile à Moïse la terre promise de Canaan en désignant « un pays où coulent le lait et le miel », il s’agit de miel (ou plutôt de sirop) de datte. Dans la religion juive, le vrai miel, substance produite à partir du nectar des fleurs transformé par l’insecte, est considéré comme casher. Sauf s’il s’agit de miel de miellat, produit par les abeilles à partir d’un liquide exsudé par les pucerons.

En hébreu, miel dérive de la même racine que le mot « parole » et la seule femme parmi les Juges d’Israël, l’une des rares prophétesses de la Bible, s’appelle Déborah, autre prénom qui signifie abeille. Dans L’Ane et l’Abeille (Albin Michel, 2014), Gilles Lapouge rappelle que « les kabbalistes enseignent que le murmure de la ruche est un écho du Verbe créateur ».

Pourtant, le Nouveau Testament fait disparaître l’abeille. « A examiner de près les Evangiles, on n’y trouve aucune mention. Pas la moindre allusion, pas même le plus petit usage symbolique », constatent Pierre-Henri et François Tavoillot dans L’Abeille (et le) Philosophe (Odile Jacob, 2015). Explication : « La place de la médiation [la fonction d’intermédiaire entre Dieu et les hommes] est occupée, et bien occupée, par le Christ lui-même qui en détient pour ainsi dire le monopole. »

Il vous reste 66.91% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Continue Reading
You may also like...
Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

More in Sciences

Trending

On en parle

To Top
Recherche.fr