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L’appendice, un organe peut-être pas totalement inutile

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L’appendice, un organe peut-être pas totalement inutile

L’appendice, un organe peut-être pas totalement inutile

Si l’ours noir était pourvu d’un appendice, il ne vivrait peut-être pas 34 ans au maximum, mais jusqu’à 60 ans, comme le gorille, un autre mammifère de masse équivalente qui en possède un.

A quoi peut donc servir l’appendice, cet étrange diverticule suspendu à l’entrée du gros intestin ? La question intrigue de longue date. Darwin lui-même (1809-1882), le très fameux père de la théorie de l’évolution des espèces, s’y est fourvoyé. Pour lui, cet organe n’aurait été qu’un vestige inutile, résultant d’un changement de régime alimentaire de nos ancêtres singes. Fausse piste, en vérité. « C’est bien la seule fois de ma carrière où il m’a été donné de contredire ce génial naturaliste », s’amuse Michel Laurin, directeur de recherche CNRS au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) à Paris. L’étude qu’il cosigne le 3 août, dans le Journal of Anatomy, suggère que l’appendice, loin d’être un organe superflu, conférerait un avantage sélectif. Sa présence, en effet, semble corrélée à une longévité accrue.

Ce sont les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) qui ont mis les chercheurs sur cette voie. « L’appendicite, une inflammation de l’appendice, diminue de 75 % le risque de survenue de la rectocolite hémorragique, une MICI », relève Eric Ogier-Denis, de l’Inserm à Rennes, qui a coordonné cette étude. Cette inflammation va renforcer le système immunitaire, d’où son action protectrice.

L’appendice est un organe lymphoïde : il héberge de nombreuses cellules immunitaires, des lymphocytes B et T. « Là, ces cellules sont éduquées à reconnaître le microbiote intestinal, les antigènes de l’alimentation, les polluants… Elles acquièrent ainsi une mémoire des substances à tolérer ou à éliminer », explique Eric Ogier-Denis. Après l’âge de 25 ou 30 ans, cependant, l’appendice involue et perd cette fonction éducative. L’immunologiste s’est interrogé : se pourrait-il que cet organe ait un impact sur la longévité ? Il contacte alors Michel Laurin qui, depuis plus de dix ans, compare de nombreuses espèces selon qu’elles possèdent, ou non, un appendice.

Ce diverticule est apparu pour la première fois chez les mammifères il y a au moins 80 millions d’années. Puis, au cours de l’histoire évolutive, il a fait au moins seize apparitions indépendantes chez diverses lignées de mammifères, mais il n’a disparu qu’une seule fois. « Cette asymétrie prononcée suggérait que l’appendice confère un avantage sélectif », souligne Michel Laurin. Au bout du compte, il est présent chez une minorité d’espèces assez éloignées : koala, castor, lamantin, ornithorynque… et grands singes. Mais ni les habitats, ni les régimes alimentaires, ni les organisations sociales n’apparaissent corrélés à sa possession.

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