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« L’Archéologie française en Egypte, 170 ans de présence continue »

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« L’Archéologie française en Egypte, 170 ans de présence continue »

« L’Archéologie française en Egypte, 170 ans de présence continue »

Sciences et Avenir : Vous êtes à la tête de l’Institut français d’archéologie orientale (Ifao) depuis 2019. Après une révolution (2011), de grands bouleversements politiques (2015) et une pandémie mondiale toujours en cours, comment décririez-vous la situation de l’archéologie française en Egypte ?   

Laurent Coulon : Les évènements récents ont bousculé le monde de la recherche, et pas seulement en Egypte. Mais notre institution, l’Ifao, est restée stable pendant ces périodes de crises et il n’y a pas eu de longues interruptions de l’activité de nos chantiers. Concernant la pandémie, après une courte période de confinement, nous avons très vite repris les fouilles archéologiques dans le cadre d’un protocole sanitaire strict, établi en accord avec le Ministère du Tourisme et des Antiquités égyptiennes. En 2020, la moitié des opérations prévues ont pu se dérouler, et pour cette année 2021, nous sommes revenus à un fonctionnement à peu près normal. L’Ifao a mis tout en œuvre pour continuer son activité, et être aux côtés de nos partenaires égyptiens au-delà des crises et des difficultés, car beaucoup de membres du personnel de l’Ifao sont égyptiens, de même que ceux qui œuvrent sur les chantiers. Et pour eux, ces emplois sont vitaux.  

« l’Institut français d’archéologie orientale accueille plus de 550 chercheurs par an »

En 2019, vous avez été l’auteur d’un livre : l’« Archéologie Française en Egypte ». Cette archéologie a-t-elle une singularité ?

Nous sommes le fruit d’une très longue histoire et en 2019, l’Ifao a fêté ses 140 ans d’existence ! Une quarantaine de missions archéologiques françaises sont actives en Egypte et l’Ifao, à lui seul, en chapeaute près de 35 ! Avec le Centre franco-égyptien d’étude des temples de Karnak (CFEETK), la Mission archéologique française de Thèbes-ouest (MAFTP) et le Ramesseum, le Centre d’études alexandrines (CEAlex), le Musée du Louvre et l’Institut de recherche pour le développement dans la région d’Assouan, de multiples fronts de recherche, ont été ouverts. Tous sont vecteurs d’innovations dans l’apport à la connaissance de l’Egypte antique. Nous ne sommes pas restés cantonnés à des sites majeurs de nécropoles particulièrement productives. Nous avons sélectionné des lieux qui pouvaient éclairer des problématiques nouvelles comme l’expansion de l’Egypte à sa périphérie, le commerce, la gestion des matières premières ou les réalisations de l’Etat pharaonique. Tout cela en maintenant parallèlement les missions plus traditionnelles dans la Vallée du Nil, à l’instar de Médamoud, à Deir el-Médina, le village de la Vallée des Rois, ou à Dendara. Les problématiques ont bien entendu évolué depuis les premières recherches du XXe siècle et nous sommes ouverts à des domaines scientifiques et des méthodologies et technologies très variés. L’Ifao accueille plus de 550 chercheurs par an !

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Vue générale du site archéologique de Deir el-Médina, dans la montagne thébaine, à l’ouest de Louxor. Désigné par son nom arabe signifiant « le couvent de la ville », ce village était celui des artisans en charge de la fabrication et de la décoration des tombes royales creusées dans la Vallée des Reines et la Vallée des Rois. Son abandon remonte à la fin de la XXe dynastie, durant le règne de Ramsès XI. L’Ifao y travaille depuis 1917. Crédits: AFP

Quels sont ces nouveaux horizons d’investigations ?

Ces derniers cinquante ans, ces ouvertures se sont faites en direction des oasis occidentales, telles que Kharga, Bahariya ou encore à Dakhla. L’Ifao a ainsi fouillé le site de Balat, une implantation pharaonique de l’Ancien Empire, totalement inconnue jusque-là. D’autre part, dès les années 1990/2000, des travaux ont été lancés dans la région d’Alexandrie par nos partenaires du Centre d’études alexandrines (CEAlex), créé par Jean-Yves Empereur, et dont l’Ifao et le Cnrs ont présidé à la naissance. Ce qui permet maintenant d’écrire une histoire globale du site d’Alexandrie depuis l’Antiquité jusqu’à l’époque contemporaine. Sans parler des travaux à Taposiris Magna, et sur le site voisin de Plinthine, où ont été mises au jour des installations viticoles et des preuves d’une présence pharaonique plus ancienne qu’attendu. De même, avec les nouveaux chantiers des rivages de la mer Rouge, à Ayn Soukhna ou Ouadi el-Jarf, ces ports intermédiaires utilisés par les pharaons à partir de la IVe dynastie.

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