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L’australopithèque qui marchait comme un humain

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L’australopithèque qui marchait comme un humain

L’australopithèque qui marchait comme un humain

Oh la jolie lordose ! La courbe orientée vers l’avant des vertèbres dorsales d’Issa, (« protectrice » en swahili), une femelle Australopithecus sediba vieille de 2 millions d’années découverte en Afrique du Sud, a complètement fait chavirer ses découvreurs et découvreuses. Elle atteste que cette hominine, dont l’espèce a été décrite pour la première fois en 2010, « marchait tranquillement sur ses deux pieds, en bonne bipède, comme une humaine« , explique le professeur Scott Williams de l’Université de New York et de l’Université Wits.

Des ossements découverts en 2015

L’analyse des vertèbres (voir l’image ci dessous), facilitée par un passage au scanner, vient d’être publiée dans la revue e-Life. Les précieux ossements ont été découverts en 2015 lors des fouilles d’une piste minière longeant le site de Malapa sur le site du patrimoine mondial du « Cradle of Humankind » (Berceau de l’humanité), au nord-ouest de Johannesburg (Afrique du Sud).
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Les vertèbres (en couleur) d’Australopithecus sediba forment une courbe orientée vers l’avant, comme chez les humains bipèdes. © NYU & Wits University

Un bas du dos différent des grands singes ou des néandertaliens

« La région lombaire est essentielle pour comprendre la nature de la bipédie chez nos premiers ancêtres et pour comprendre à quel point ils étaient bien adaptés à la marche sur deux jambes« , explique Scott Williams, premier auteur de l’article. « Les séries associées de vertèbres lombaires sont extraordinairement rares dans les archives fossiles d’hominidés, on n’a trouvé que trois apophyses épineuses [ces ailettes qui servent de point d’ancrage aux ligaments, NDLR] comparables à celles d’Issa dans l’ensemble des archives fossiles africaines! Les travaux montrent que l’A.sediba  possédait bien 5 vertèbres lombaires, comme les humains et qu’elle présentait une lordose plus marquée que celle de tout autre australopithèque. « Cela démolit des analyses antérieures, menées par d’autres équipes, qui suggéraient que les A.sediba avaient une colonne vertébrale aussi droite que celle des singes, ou des lordoses faiblement marquées, comme les néandertaliens ou d’autres espèces plus primitives d’anciens hominidés âgés de plus de deux millions d’années« , jubile le professeur Lee Berger, de l’Université du Witwaterstrand, qui dirige les fouilles de Malapa.

« D’autres caractéristiques du squelette suggèrent une puissante musculature du tronc, peut-être pour des comportements arboricoles« , ajoute la professeure Gabrielle Russo de l’Université Stony Brook, co-auteure de l’étude. A.sediba avait conservé des aptitudes réelles à l’escalade et la brachiation (voir la reconstitution ci-dessous ).

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Reconstitution d’Australopithecus sediba en suspension dans un arbre. © NYU & Wits University

L’une des principales questions en suspens sur les origines des premiers Homo consiste à savoir quand et pourquoi ils ont abandonné cette combinaison de traits pour ne conserver que la bipédie.L’étude conclut que A. sediba est une forme transitionnelle d’ancien parent humain et que sa colonne vertébrale est clairement de forme intermédiaire entre celles des humains modernes (et des Néandertaliens) et des grands singes. Comme le résume Lee Berger: « Issa marchait omme un humain, mais pouvait grimper comme un singe » .

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