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Le casoar, possible premier oiseau élevé par les humains

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Le casoar, possible premier oiseau élevé par les humains

Le casoar, possible premier oiseau élevé par les humains

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Zoologie. N’en déplaise aux Saint-Cyriens, qui ont baptisé de son nom leur coiffe au plumet rouge et blanc, le casoar reste d’abord et avant tout un oiseau. Une impressionnante bestiole, qui peut atteindre 75 kg et 1,80 m. Ses plumes noires tiennent presque de la chevelure. Sa tête, casque brun, nuque verte, caroncules rouges pendant de son cou bleu, semble sortie d’une autre époque, comme un rappel que les oiseaux sont ce qui nous reste des dinosaures. Le port et la démarche affichent une vraie majesté, une force tranquille. « Il est assez timide, raconte Kristina Douglass, de l’université d’Etat de Pennsylvanie. Mais s’il est attaqué, il devient féroce. Sa griffe de 12 cm, telle un poignard, peut éviscérer n’importe quelle cible. »

Professeure d’anthropologie, la chercheuse étudie depuis des années la cohabitation entre les humains et leur environnement. Elle s’est notamment penchée sur les oiseaux-éléphants de Madagascar, ces bêtes aussi gigantesques qu’inoffensives, disparues au XIXe siècle. « Les casoars de Nouvelle-Guinée offraient un contraste fascinant. Eux ont cohabité avec les humains depuis des dizaines de milliers d’années et sont toujours là. J’ai voulu comprendre pourquoi. »

Pour y parvenir, son équipe s’est d’abord penchée sur les œufs… d’autruches. Elle a ainsi mis au point une méthode pour y trouver la date de l’éclosion. Car, pendant l’incubation, les embryons de l’oiseau puisent dans les coquilles les nutriments nécessaires à constituer les os, les plumes, le bec… « Au fur et à mesure, la coquille s’érode, change de structure, détaille-t-elle. La topographie de la surface permet de déterminer l’âge du poussin lorsque l’œuf a été brisé. »

La technique a ensuite été appliquée à plus d’un millier de fragments de coquilles, vieux de 6 000 à 18 000 ans, retrouvés sur le site archéologique de Manim, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. « Beaucoup des œufs avaient été brisés très tardivement, à proximité de la date normale d’éclosion, quand le poussin était parfaitement formé, poursuit Kristina Douglass. Et le plus surprenant est que cette pratique se retrouve tout au long de la période. »

Phénomène d’empreinte

Cette récolte tardive permet d’écarter l’hypothèse d’une consommation exclusive des œufs par l’homme. L’absence de trace de brûlure sur les coquilles ne plaiderait pas non plus en faveur de grillades d’embryons. Même si aucun enclos n’a été retrouvé à Manim, les chercheurs pensent pouvoir privilégier un troisième scénario. « Les chasseurs-cueilleurs de ces forêts primaires connaissaient parfaitement leurs ressources. Ils savaient où trouver les nids, quand récolter les œufs et comment en faire un usage raisonné. Nous pensons donc qu’ils récoltaient volontairement les œufs au stade final du développement embryonnaire afin de les faire éclore et d’élever les poussins. »

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